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SCPI et divorce : partager ses parts en 2026

SCPI et divorce : partager ses parts en 2026

Divorce et SCPI : comment partager ses parts de sociétés civiles de placement en 2026

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) sont devenues l'un des placements préférés des ménages français. Lors d'un divorce, ces parts constituent souvent un actif significatif à partager. Le processus est plus complexe qu'un simple compte bancaire : valorisation variable, délais de cession, fiscalité spécifique. Voici comment aborder ce sujet de façon concrète et efficace.

En bref :

  • Les parts de SCPI acquises pendant le mariage sous régime de communauté légale sont des biens communs à partager à 50/50 (article 1401 du Code civil).
  • La valorisation d'une part de SCPI est fixée par la société de gestion : le prix de retrait est publié chaque trimestre et peut différer du prix de souscription de 5 à 10 %.
  • Le délai moyen de cession de parts de SCPI sur le marché secondaire est de 3 à 6 mois en 2026, selon la liquidité de la SCPI.
  • En cas de désaccord sur la valeur ou la cession, un juge aux affaires familiales peut ordonner une expertise judiciaire ou imposer la vente.

Qu'est-ce qu'une SCPI et pourquoi sa gestion au divorce est spécifique ?

Une SCPI, ou Société Civile de Placement Immobilier, est un véhicule d'investissement collectif. Elle permet à des particuliers de détenir des parts d'un parc immobilier géré par une société professionnelle. Les investisseurs perçoivent des revenus locatifs proportionnels à leurs parts.

Contrairement à un livret bancaire ou à un PEA, une SCPI n'est pas un actif liquide. On ne peut pas la vider en quelques jours. La cession de parts passe soit par le marché secondaire organisé par la société de gestion, soit par une cession de gré à gré entre particuliers. Ce délai structurel complique le partage lors d'un divorce.

En 2026, le marché des SCPI représente plus de 90 milliards d'euros de capitalisation en France, selon les données de l'ASPIM (Association française des Sociétés de Placement Immobilier). Des milliers de ménages détiennent des parts : le sujet est donc fréquent dans les procédures de divorce.

La complexité tient à trois facteurs cumulés : la qualification juridique des parts (bien commun ou bien propre), leur valorisation fluctuante, et les contraintes de cession imposées par la société de gestion. Chaque SCPI a ses propres règles statutaires. Il est indispensable de consulter un avocat spécialisé dès le début de la procédure.

Qualification juridique : parts communes ou parts propres ?

La première question à trancher est simple : à qui appartiennent ces parts ? La réponse dépend du régime matrimonial et de la date d'acquisition.

Sous le régime de la communauté légale réduite aux acquêts

C'est le régime par défaut en France (article 1400 du Code civil). Toute part de SCPI achetée pendant le mariage avec des fonds communs est un bien commun. Elle entre dans la masse à partager à parts égales lors du divorce.

Attention : si les parts ont été achetées avec des fonds propres (héritage, donation, vente d'un bien personnel), elles restent des biens propres. Il faut pouvoir le prouver par un document écrit, appelé déclaration d'emploi ou de remploi (article 1434 du Code civil). Sans cette preuve, les parts sont présumées communes.

Sous le régime de la séparation de biens

Chaque époux conserve ses propres parts. Seules les parts acquises en indivision entre les deux époux sont à partager. Le contrat de mariage précise les modalités.

Sous le régime de la participation aux acquêts

Pendant le mariage, les parts sont propres à chacun. Lors de la dissolution, on calcule l'enrichissement de chaque époux pendant le mariage. La différence donne lieu à une créance de participation. Les parts de SCPI entrent dans ce calcul de valorisation.

Question : Les parts de SCPI reçues en héritage pendant le mariage sont-elles communes ?

Réponse : Non. Les biens reçus par succession ou donation restent des biens propres, quel que soit le régime matrimonial (article 1405 du Code civil). Ils n'entrent pas dans la masse à partager, à condition de pouvoir justifier leur origine par un acte notarié ou une déclaration fiscale.

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Comment valoriser les parts de SCPI pour le partage ?

La valorisation est souvent le point de friction principal entre époux. Contrairement à un bien immobilier, il n'y a pas de négociation de marché : la valeur est fixée par la société de gestion.

Le prix de retrait : la référence officielle

Chaque SCPI publie un prix de retrait (ou prix de rachat) au moins une fois par trimestre. C'est le prix auquel la société rachète les parts sur le marché primaire. En 2026, ce prix est généralement inférieur de 5 à 10 % au prix de souscription, pour couvrir les frais de gestion et les commissions.

Ce prix de retrait est la valeur de référence la plus utilisée dans les conventions de divorce. Il est objectif, publié et vérifiable. Les avocats et notaires s'y réfèrent systématiquement.

La valeur de reconstitution : une alternative

La valeur de reconstitution représente le coût théorique de reconstruction du patrimoine immobilier de la SCPI. Elle est publiée annuellement. Elle est souvent supérieure au prix de retrait. Certains époux la revendiquent comme base de valorisation. Son usage est moins courant dans les partages amiables.

Question : Quel prix retenir pour évaluer les parts de SCPI dans une convention de divorce ?

Réponse : Le prix de retrait publié par la société de gestion est la référence la plus utilisée et la plus facilement opposable. Il est recommandé de retenir le prix en vigueur à la date de signature de la convention de divorce ou, à défaut, à la date de l'état liquidatif notarié.

Les options concrètes pour partager les parts de SCPI

Une fois la valeur fixée, il existe plusieurs façons de procéder au partage. Chaque option a ses avantages et ses contraintes.

Option Principe Délai estimé Coût Avantage principal
Attribution à un époux + soulte Un époux garde les parts, verse la moitié de leur valeur à l'autre 1 à 3 mois Frais de partage : 2,5 % sur la soulte Rapidité, pas de cession sur le marché
Cession sur le marché secondaire Les parts sont vendues à un tiers, le produit est partagé 3 à 6 mois Commission de cession : 5 à 10 % selon SCPI Sortie propre pour les deux époux
Maintien en indivision Les deux époux restent copropriétaires temporairement Variable (max 5 ans recommandé) Frais de gestion partagés Évite une vente en mauvais moment de marché
Rachat par la SCPI (marché primaire) La société de gestion rachète les parts au prix de retrait 3 à 12 mois selon liquidité Pas de commission supplémentaire Prix garanti par la société de gestion

L'option la plus rapide dans un divorce par consentement mutuel est l'attribution à un époux avec versement d'une soulte. Elle évite d'attendre un acheteur sur le marché secondaire. Elle nécessite que l'époux attributaire dispose des liquidités suffisantes pour payer la soulte.

Question : Peut-on forcer la vente des parts de SCPI si l'autre époux refuse de signer ?

Réponse : En cas de blocage, le juge aux affaires familiales peut ordonner la licitation (vente judiciaire) des parts ou nommer un administrateur judiciaire pour procéder à la cession. Cette procédure allonge les délais de 6 à 18 mois et génère des frais supplémentaires. L'accord amiable reste toujours préférable.

Fiscalité du partage de parts de SCPI : ce qu'il faut savoir

Le partage de parts de SCPI génère plusieurs conséquences fiscales. Les ignorer peut coûter cher.

Le droit de partage

Depuis le 1er janvier 2022, le droit de partage est fixé à 2,5 % de l'actif net partagé (article 746 du Code général des impôts). Il s'applique à la valeur des parts attribuées dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial. Ce taux s'applique sur la totalité des biens partagés, pas seulement sur les SCPI.

La plus-value immobilière en cas de cession

Si les parts sont cédées à un tiers (vente sur le marché secondaire ou rachat par la SCPI), une plus-value peut être taxée. Les parts de SCPI sont soumises au régime des plus-values immobilières des particuliers. Le taux global est de 36,2 % (19 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). Des abattements pour durée de détention s'appliquent : exonération totale d'impôt après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

Les revenus perçus pendant la procédure

Tant que les parts n'ont pas été partagées, les revenus locatifs distribués par la SCPI restent des revenus communs. Ils doivent être déclarés par les deux époux proportionnellement à leurs droits. En pratique, les époux doivent s'accorder sur la gestion de ces flux pendant la procédure.

Question : Le partage de parts de SCPI dans un divorce est-il taxé comme une vente ?

Réponse : Non, si les parts sont attribuées à un époux avec soulte dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial, il n'y a pas de plus-value taxable entre époux. Seul le droit de partage de 2,5 % s'applique. La taxation de plus-value n'intervient que si les parts sont vendues à un tiers.

SCPI et divorce par consentement mutuel : la procédure étape par étape

Le divorce par consentement mutuel (article 229-1 du Code civil) est la voie la plus rapide et la moins coûteuse. Il est parfaitement adapté au partage de parts de SCPI si les époux s'accordent sur leur valeur et leur sort.

  1. Étape 1 — Inventaire des parts : Rassembler tous les relevés de la société de gestion. Identifier chaque SCPI, le nombre de parts, la date d'acquisition, le prix de souscription et le prix de retrait actuel.
  2. Étape 2 — Qualification juridique : Déterminer si les parts sont communes ou propres. Vérifier le régime matrimonial et l'origine des fonds ayant servi à l'achat.
  3. Étape 3 — Valorisation : Retenir le prix de retrait publié par la société de gestion à la date de référence choisie. Documenter ce prix par un relevé officiel.
  4. Étape 4 — Choix de l'option de partage : Attribution avec soulte, cession, ou maintien en indivision. Formaliser le choix dans la convention de divorce.
  5. Étape 5 — Rédaction de la convention : Les avocats des deux époux rédigent la convention incluant la clause de partage des SCPI. La convention doit être précise : nom de la SCPI, nombre de parts, valeur retenue, modalités de transfert.
  6. Étape 6 — Dépôt chez le notaire : La convention est déposée au rang des minutes d'un notaire. Ce dépôt confère la force exécutoire à l'acte.
  7. Étape 7 — Transfert des parts : Contacter la société de gestion avec la convention homologuée pour procéder au transfert de propriété des parts.

Le délai global d'un divorce par consentement mutuel est de 1 à 3 mois. Le partage des SCPI peut être finalisé dans ce même délai si les époux s'accordent rapidement. Obtenez une estimation gratuite de votre procédure en ligne sur Divorce Simplifié.

Cas particuliers : SCPI en démembrement, SCPI étrangères et SCPI en SCI

Parts de SCPI en démembrement

Certains investisseurs achètent uniquement la nue-propriété ou l'usufruit de parts de SCPI. Ce montage fiscal complique le partage. Si un époux détient la nue-propriété et un tiers l'usufruit, la valeur à partager est celle de la nue-propriété seule, calculée selon le barème fiscal de l'article 669 du Code général des impôts. À 40 ans, la nue-propriété représente 50 % de la valeur en pleine propriété.

SCPI de droit étranger

Des équivalents européens des SCPI (fonds immobiliers allemands, luxembourgeois, etc.) sont parfois détenus par des ménages français. Le partage suit en principe le droit français si les époux sont mariés en France, mais la cession des parts est soumise aux règles du pays d'émission. Des délais supplémentaires de 6 à 12 mois sont fréquents.

Parts de SCPI logées dans une SCI

Si les parts de SCPI sont détenues via une SCI familiale, c'est la SCI elle-même qui est à partager, pas directement les parts de SCPI. Le partage de la SCI suit les règles propres aux parts sociales (voir notre article dédié sur la SCI et le divorce). La valorisation est alors celle des parts de SCI, qui intègre la valeur des SCPI sous-jacentes.

FAQ : SCPI et divorce en 2026

Les parts de SCPI achetées avant le mariage sont-elles concernées par le partage ?

Non. Les parts acquises avant le mariage sont des biens propres, quel que soit le régime matrimonial (article 1405 du Code civil). Elles n'entrent pas dans la masse à partager. En revanche, les revenus générés par ces parts pendant le mariage peuvent être communs sous le régime de la communauté légale.

Combien coûte le partage de parts de SCPI lors d'un divorce ?

Le coût principal est le droit de partage de 2,5 % sur la valeur nette des biens partagés, perçu par le notaire. À cela s'ajoutent les honoraires d'avocats (500 à 2 500 € par époux pour un divorce amiable) et, en cas de cession sur le marché secondaire, les commissions de la société de gestion (5 à 10 % de la valeur des parts cédées).

Que se passe-t-il si la SCPI a perdu de la valeur depuis l'achat ?

La valeur retenue pour le partage est la valeur actuelle (prix de retrait en vigueur), pas le prix d'achat. Si la SCPI a perdu de la valeur, les deux époux subissent cette perte proportionnellement à leurs droits. En cas de cession avec moins-value, aucune imposition n'est due sur la plus-value, mais la moins-value immobilière n'est pas déductible fiscalement pour les particuliers.

Peut-on conserver ses parts de SCPI après le divorce sans les partager ?

Oui, si les parts sont des biens propres. Sous régime de communauté, un époux peut racheter la quote-part de l'autre en versant une soulte. Il conserve alors la totalité des parts. Cette solution évite la vente et maintient l'investissement intact. Elle nécessite d'avoir les liquidités pour payer la soulte.

La société de gestion de la SCPI doit-elle être informée du divorce ?

Oui, pour tout transfert de parts (attribution, cession, changement de titulaire), la société de gestion doit être notifiée avec les documents justificatifs : copie de la convention de divorce homologuée, état liquidatif notarié. Certaines sociétés exigent un formulaire spécifique de mutation de parts. Comptez 4 à 8 semaines de traitement administratif.

Les dividendes de SCPI perçus pendant la procédure de divorce appartiennent-ils aux deux époux ?

Sous le régime de la communauté légale, les revenus des biens communs sont communs jusqu'à la date de l'ordonnance de non-conciliation (en cas de divorce judiciaire) ou jusqu'à la date de la convention (en cas de divorce par consentement mutuel). Les époux doivent s'accorder sur leur gestion pendant cette période. En pratique, les revenus sont souvent bloqués sur un compte commun jusqu'au partage définitif.

Questions fréquentes

Non. Les parts acquises avant le mariage sont des biens propres selon l'article 1405 du Code civil. Elles n'entrent pas dans la masse à partager. En revanche, sous le régime de la communauté légale, les revenus générés par ces parts pendant le mariage peuvent être considérés comme communs.
Le coût principal est le droit de partage de 2,5 % sur la valeur nette des biens partagés (article 746 du CGI). S'ajoutent les honoraires d'avocats (500 à 2 500 € par époux pour un divorce amiable) et, si les parts sont vendues sur le marché secondaire, les commissions de la société de gestion (5 à 10 % de la valeur des parts).
La valeur retenue pour le partage est la valeur actuelle au prix de retrait publié par la société de gestion, pas le prix d'achat initial. Si la SCPI a perdu de la valeur, les deux époux subissent cette perte proportionnellement à leurs droits. Aucune imposition sur la plus-value n'est due en cas de moins-value, mais celle-ci n'est pas déductible fiscalement pour les particuliers.
Oui. Sous régime de communauté, un époux peut racheter la quote-part de l'autre en versant une soulte égale à la moitié de la valeur des parts. Il conserve alors la totalité des parts sans passer par une cession sur le marché. Cette solution nécessite de disposer des liquidités suffisantes pour payer la soulte.
Oui, pour tout transfert de parts (attribution, cession, changement de titulaire), la société de gestion doit être notifiée avec la convention de divorce homologuée et l'état liquidatif notarié. Certaines sociétés exigent un formulaire spécifique de mutation de parts. Comptez 4 à 8 semaines de traitement administratif.
Sous le régime de la communauté légale, les revenus des biens communs restent communs jusqu'à la date de la convention de divorce par consentement mutuel ou jusqu'à l'ordonnance de non-conciliation en cas de divorce judiciaire. En pratique, les revenus sont souvent bloqués sur un compte commun jusqu'au partage définitif.
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