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Prélèvement à la source et divorce amiable : calendrier 2026

Un divorce amiable homologué entraîne une rupture fiscale immédiate. Dès la date de la convention, chaque époux devient un foyer fiscal distinct. Le prélèvement à la source (PAS) — système de collecte de l'impôt en temps réel introduit en 2019 — doit être mis à jour sans attendre. Faute d'agir rapidement, l'un ou l'autre risque de payer trop ou trop peu d'impôt tout au long de l'année.

En bref :

  • La séparation fiscale est effective dès l'année du divorce : chaque ex-époux dépose une déclaration de revenus individuelle pour l'année entière, selon les règles de l'article 6 du Code général des impôts (CGI).
  • Le délai pour signaler le changement de situation à l'administration fiscale est de 60 jours via l'espace personnel impots.gouv.fr.
  • Le taux du prélèvement à la source peut être individualisé ou neutre : le taux individualisé est calculé sur les seuls revenus de chaque époux, évitant qu'un conjoint aux revenus faibles supporte le taux élevé du foyer commun.
  • En 2026, selon les données de la DGFiP, plus de 130 000 divorces par an génèrent un changement de taux PAS à gérer dans les deux mois suivant la séparation.

Qu'est-ce que le prélèvement à la source dans le contexte d'un divorce ?

Le prélèvement à la source (PAS) est le mécanisme par lequel l'impôt sur le revenu est prélevé directement sur les salaires, pensions ou revenus professionnels, chaque mois, par l'employeur ou la caisse de retraite. Son taux est calculé par la DGFiP (Direction générale des Finances publiques) sur la base de la dernière déclaration de revenus connue.

Tant que les époux sont mariés, ils forment un seul foyer fiscal. Leur taux PAS est commun et reflète l'ensemble des revenus du ménage. Dès que le divorce est prononcé — c'est-à-dire dès que la convention de divorce par consentement mutuel est déposée chez le notaire et acquiert force exécutoire, conformément à l'article 229-1 du Code civil —, cette unicité fiscale disparaît.

Chaque ex-époux doit alors déclarer ses propres revenus et obtenir un taux PAS individuel. Sans mise à jour, le taux du foyer commun continue à s'appliquer. Cela peut pénaliser l'époux aux revenus les plus faibles, qui se retrouve prélevé à un taux trop élevé, ou avantager indûment l'époux aux revenus les plus élevés.

Question : À partir de quelle date le prélèvement à la source change-t-il après un divorce amiable ?

Réponse : Le changement de taux PAS s'applique dès le mois suivant la déclaration du changement de situation sur impots.gouv.fr. La DGFiP transmet le nouveau taux à l'employeur sous 1 à 3 mois. Il faut donc signaler le divorce sans attendre la déclaration annuelle de revenus.

Les trois types de taux PAS : lequel s'applique après le divorce ?

Après un divorce, chaque ex-époux peut opter pour l'un des trois taux de prélèvement à la source proposés par la DGFiP. Comprendre leurs différences est essentiel pour éviter une mauvaise surprise lors de la régularisation annuelle.

Le taux personnalisé est calculé automatiquement par la DGFiP sur la base des revenus déclarés l'année précédente. C'est le taux par défaut après déclaration du divorce. Il reflète la situation fiscale individuelle de chaque ex-époux.

Le taux individualisé — à ne pas confondre avec le taux personnalisé — est une option disponible pour les couples mariés ou pacsés qui souhaitent que chaque conjoint soit prélevé selon ses propres revenus plutôt que selon le taux commun du foyer. Après le divorce, cette option n'a plus lieu d'être : chaque ex-époux a automatiquement un taux personnel.

Le taux neutre (ou taux non personnalisé) est un taux barème standard, indépendant des revenus réels. Il peut être choisi pour préserver la confidentialité vis-à-vis de l'employeur. Attention : s'il est inférieur au taux réel dû, un complément mensuel doit être versé directement à la DGFiP.

Type de taux Calculé sur Avantage principal Risque
Taux personnalisé (défaut) Revenus N-1 de l'ex-époux Automatique, précis Peut être décalé si revenus changent
Taux individualisé (avant divorce) Revenus propres de chaque conjoint Équité entre conjoints aux revenus différents Inutile après le divorce
Taux neutre Barème standard par tranche de salaire Confidentialité employeur Complément à payer si taux réel supérieur
Taux modulé à la hausse/baisse Revenus estimés N par l'époux Adapté si revenus changent en cours d'année Pénalité de 10 % si sous-estimation > 10 %

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Démarches concrètes auprès des impôts : étape par étape

Voici le protocole à suivre immédiatement après la signature de la convention de divorce chez le notaire. Ne pas attendre la déclaration annuelle de revenus du printemps suivant.

  1. Créer ou activer son espace personnel sur impots.gouv.fr si ce n'est pas déjà fait. Chaque ex-époux doit avoir son propre compte, distinct de celui du foyer commun.
  2. Déclarer le changement de situation familiale dans la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » → « Signaler un changement de situation ». Sélectionner « Divorce ou séparation ». Indiquer la date de la convention de divorce.
  3. Vérifier le nouveau taux proposé par la DGFiP dans les semaines suivantes. Il est calculé sur la base de la dernière déclaration de revenus individuelle disponible.
  4. Moduler le taux si nécessaire : si les revenus ont changé depuis la dernière déclaration (baisse de salaire, perte d'emploi, départ en retraite), il est possible de demander une modulation à la baisse ou à la hausse. La modulation à la baisse est autorisée si l'écart dépasse 10 % du montant normalement dû.
  5. Informer son employeur : l'employeur reçoit automatiquement le nouveau taux de la DGFiP via la DSN (Déclaration sociale nominative). Aucune démarche directe n'est requise auprès de l'employeur.
  6. Conserver la preuve de la date de dépôt de la convention chez le notaire. Ce document est la référence en cas de litige fiscal sur l'année de transition.

Question : Faut-il prévenir son employeur du divorce pour changer le taux PAS ?

Réponse : Non. L'employeur ne doit pas être informé directement par le salarié. La DGFiP transmet automatiquement le nouveau taux via la DSN (Déclaration sociale nominative) dans un délai de 1 à 3 mois après la déclaration sur impots.gouv.fr. La confidentialité est préservée.

Déclaration de revenus de l'année du divorce : règles spécifiques

L'année du divorce est fiscalement particulière. Elle obéit à des règles dérogatoires précisées à l'article 6, 4° du Code général des impôts. Voici ce qu'il faut impérativement savoir.

Deux déclarations distinctes pour l'année entière. Même si le divorce a lieu en cours d'année — par exemple en mars 2026 —, chaque ex-époux dépose une déclaration individuelle couvrant l'intégralité de l'année 2026 (revenus de janvier à décembre). Il n'y a pas de déclaration commune pour la période pré-divorce.

Les revenus communs sont répartis. Pour les revenus perçus pendant la période de mariage (avant la date de la convention), la DGFiP applique une règle de répartition. En pratique, chaque époux déclare ses propres revenus professionnels. Les revenus de capitaux mobiliers ou fonciers communs sont déclarés à parts égales, sauf preuve contraire.

Les charges déductibles sont aussi réparties. Les pensions alimentaires versées à un enfant, les frais de garde, les dons aux associations : chaque ex-époux ne peut déduire que sa propre quote-part.

Les acomptes PAS déjà prélevés sont pris en compte lors de la régularisation de l'impôt au moment du solde (généralement en septembre N+1). Si le taux commun a été appliqué trop longtemps, un remboursement ou un complément sera calculé automatiquement.

Question : Doit-on faire une déclaration commune l'année du divorce amiable ?

Réponse : Non. Selon l'article 6, 4° du CGI, l'année du divorce chaque époux dépose une déclaration individuelle couvrant l'ensemble de l'année, même si le divorce est intervenu en cours d'année. Il n'existe pas de déclaration mixte pour la période pré-divorce.

Gestion de la période de transition : les pièges à éviter

La période entre la signature de la convention et la mise à jour effective du taux PAS est une zone à risque. Plusieurs erreurs courantes peuvent coûter cher.

Piège n°1 : Attendre la déclaration annuelle de revenus. Certains ex-époux pensent que la régularisation se fera automatiquement au printemps suivant. C'est vrai, mais en attendant, ils subissent un taux inadapté pendant des mois. Un époux aux revenus modestes prélevé au taux élevé du foyer commun peut perdre plusieurs centaines d'euros de trésorerie mensuelle.

Piège n°2 : Oublier les revenus fonciers ou les revenus de placements. Si les époux percevaient des loyers ou des dividendes communs, la répartition fiscale doit être clarifiée dans la convention de divorce. À défaut, la DGFiP peut attribuer l'intégralité à l'un des ex-époux.

Piège n°3 : Ne pas mettre à jour le quotient familial. Si des enfants sont à charge, le nombre de parts fiscales change. L'ex-époux qui obtient la garde principale bénéficie d'une demi-part supplémentaire par enfant. En garde alternée, chaque parent bénéficie d'un quart de part par enfant. Cette modification du quotient familial impacte directement le taux PAS.

Piège n°4 : Sous-estimer l'impact de la prestation compensatoire. Une prestation compensatoire versée sous forme de capital dans les 12 mois du divorce ouvre droit à une réduction d'impôt de 25 % (dans la limite de 30 500 € de capital, soit une réduction maximale de 7 625 €). Elle doit être déclarée correctement pour en bénéficier.

Calendrier mois par mois des actions fiscales après un divorce amiable

Voici le planning type pour un divorce amiable homologué en janvier 2026. Adaptez les dates à votre situation réelle.

Mois Action Délai légal ou recommandé Plateforme / interlocuteur
M (mois du divorce) Déclarer le changement de situation sur impots.gouv.fr Dans les 60 jours Espace personnel DGFiP
M + 1 Vérifier le nouveau taux PAS dans l'espace personnel Sous 30 à 90 jours après déclaration impots.gouv.fr
M + 1 à M + 2 Moduler le taux si revenus ont changé (baisse ou hausse) Dès que le nouveau taux est visible Espace personnel DGFiP
M + 2 Vérifier le bulletin de salaire : le nouveau taux est-il appliqué ? Après transmission DSN par DGFiP Employeur / fiche de paie
Avril - Mai N+1 Déposer la déclaration individuelle de revenus (année du divorce) Date limite fixée par DGFiP (mi-mai/juin selon département) impots.gouv.fr
Septembre N+1 Régularisation du solde d'impôt (remboursement ou complément) Automatique DGFiP

Question : Combien de temps faut-il pour que le nouveau taux PAS s'applique sur le salaire après un divorce ?

Réponse : En pratique, comptez 1 à 3 mois après la déclaration sur impots.gouv.fr. La DGFiP transmet le nouveau taux à l'employeur via la DSN. Le délai dépend du calendrier de paie et de la date de transmission. Pendant ce délai, l'ancien taux continue à s'appliquer et sera régularisé lors du solde annuel.

Impact sur la pension alimentaire et la prestation compensatoire

Le divorce amiable implique souvent le versement d'une pension alimentaire pour les enfants et, parfois, d'une prestation compensatoire entre ex-époux. Ces flux financiers ont des conséquences directes sur le prélèvement à la source.

La pension alimentaire pour enfants est déductible du revenu imposable du parent qui la verse, et imposable chez le parent qui la reçoit (si elle est versée à un enfant majeur). Pour un enfant mineur vivant chez l'autre parent, la pension est déductible pour le parent payeur et non imposable pour le bénéficiaire. Cette déductibilité réduit la base de calcul du taux PAS du parent payeur.

La prestation compensatoire en capital versée dans les 12 mois du jugement de divorce ouvre droit à une réduction d'impôt de 25 % pour le payeur, plafonnée à 30 500 € de capital (réduction maximale : 7 625 €), selon l'article 199 octodecies du CGI. Elle n'est pas déductible du revenu imposable.

La prestation compensatoire en rente est déductible du revenu imposable du payeur et imposable chez le bénéficiaire. Elle doit être déclarée chaque année. Le bénéficiaire doit anticiper cette imposition dans son taux PAS en modulant à la hausse si nécessaire.

Ces éléments doivent impérativement être anticipés lors de la rédaction de la convention de divorce. Un avocat spécialisé peut vous aider à choisir la forme la plus avantageuse fiscalement. Divorce Simplifié vous met en relation avec des avocats experts : obtenez un devis gratuit en ligne pour évaluer votre situation.

Taux PAS et garde alternée : comment ça marche ?

La garde alternée est fréquente dans les divorces amiables. Elle a un impact direct sur le quotient familial et donc sur le taux PAS de chaque parent.

En garde alternée, chaque parent bénéficie d'un quart de part fiscale supplémentaire par enfant (au lieu d'une demi-part en garde exclusive). Ce mécanisme est prévu par l'article 194 du CGI. Concrètement, pour un enfant en garde alternée, chaque parent déclare l'enfant à sa charge pour la moitié des avantages fiscaux.

Cette règle doit être mentionnée dans la convention de divorce pour éviter tout litige. Si les deux parents déclarent l'enfant à charge intégrale, la DGFiP peut rejeter l'un des deux avantages et réclamer un rappel d'impôt.

Après la déclaration du divorce, chaque parent doit mettre à jour sa situation familiale sur impots.gouv.fr en indiquant le nombre d'enfants à charge (en totalité ou en garde alternée). Le taux PAS sera recalculé en conséquence dans les semaines suivantes.


FAQ — Prélèvement à la source et divorce amiable

Le divorce amiable change-t-il automatiquement le taux de prélèvement à la source ?

Non. Le changement n'est pas automatique. Chaque ex-époux doit déclarer le changement de situation familiale sur impots.gouv.fr dans les 60 jours suivant le divorce. La DGFiP recalcule ensuite le taux individuellement et le transmet à l'employeur. Sans cette démarche, l'ancien taux du foyer commun continue à s'appliquer.

Que se passe-t-il si on ne déclare pas le divorce aux impôts rapidement ?

L'ancien taux commun continue à s'appliquer. L'ex-époux aux revenus les plus faibles risque d'être prélevé à un taux trop élevé et de perdre de la trésorerie pendant plusieurs mois. La régularisation interviendra lors du solde annuel (septembre N+1), mais sans intérêts compensatoires. Il vaut mieux agir dans les 60 jours.

Peut-on moduler son taux PAS à la baisse après un divorce si les revenus ont baissé ?

Oui. La modulation à la baisse est autorisée si le montant du prélèvement estimé sur l'année dépasse de plus de 10 % le montant réellement dû. Elle se fait directement sur impots.gouv.fr dans la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ». En cas de sous-estimation trop importante (écart supérieur à 10 % sans justification), une majoration de 10 % s'applique sur la différence.

La pension alimentaire reçue est-elle soumise au prélèvement à la source ?

Oui, pour les pensions versées à un enfant majeur ou à un ex-conjoint (prestation compensatoire en rente). Ces sommes sont imposables et doivent être déclarées. Le bénéficiaire doit anticiper cette imposition en modulant son taux PAS à la hausse si nécessaire. La pension alimentaire pour enfant mineur résidant chez l'autre parent n'est pas imposable chez le bénéficiaire.

Faut-il un avocat pour gérer les aspects fiscaux d'un divorce amiable ?

La loi impose la présence d'un avocat pour chaque époux dans un divorce par consentement mutuel (article 229-1 du Code civil). Cet avocat peut vous conseiller sur les choix fiscaux à intégrer dans la convention : forme de la prestation compensatoire, répartition des revenus communs, garde alternée et quotient familial. Un mauvais choix peut coûter plusieurs milliers d'euros d'impôts supplémentaires.

Quel est le délai entre la déclaration du divorce sur impots.gouv.fr et l'application du nouveau taux sur le salaire ?

Comptez 1 à 3 mois en pratique. La DGFiP recalcule le taux après réception de la déclaration, puis le transmet à l'employeur via la DSN (Déclaration sociale nominative). Le nouveau taux apparaît sur le bulletin de salaire du mois suivant la transmission. Pendant ce délai de transition, l'ancien taux s'applique et la différence est régularisée lors du solde annuel d'impôt.

Questions fréquentes

Non. Chaque ex-époux doit déclarer le changement de situation familiale sur impots.gouv.fr dans les 60 jours suivant le divorce. La DGFiP recalcule ensuite le taux individuellement et le transmet à l'employeur. Sans cette démarche, l'ancien taux du foyer commun continue à s'appliquer jusqu'à la régularisation annuelle.
Non. Selon l'article 6, 4° du Code général des impôts, l'année du divorce chaque ex-époux dépose une déclaration individuelle couvrant l'intégralité de l'année, même si le divorce est intervenu en cours d'année. Il n'existe pas de déclaration mixte pour la période pré-divorce.
Oui, pour les pensions versées à un enfant majeur ou sous forme de prestation compensatoire en rente à un ex-conjoint. Ces sommes sont imposables et doivent être déclarées. La pension alimentaire pour enfant mineur résidant chez l'autre parent n'est pas imposable chez le bénéficiaire. Le bénéficiaire d'une rente doit moduler son taux PAS à la hausse pour anticiper l'imposition.
Comptez 1 à 3 mois après la déclaration sur impots.gouv.fr. La DGFiP transmet le nouveau taux à l'employeur via la DSN (Déclaration sociale nominative). Pendant ce délai de transition, l'ancien taux s'applique et la différence est régularisée lors du solde annuel d'impôt en septembre N+1.
En garde alternée, chaque parent bénéficie d'un quart de part fiscale supplémentaire par enfant, selon l'article 194 du CGI. Cette règle doit être mentionnée dans la convention de divorce. Après le divorce, chaque parent met à jour sa situation sur impots.gouv.fr pour que la DGFiP recalcule le taux PAS en tenant compte du nouveau quotient familial.
Oui. Une prestation compensatoire versée en capital dans les 12 mois du divorce ouvre droit à une réduction d'impôt de 25 % pour le payeur, plafonnée à 30 500 € de capital, soit une réduction maximale de 7 625 €, selon l'article 199 octodecies du CGI. Elle doit être déclarée correctement lors de la déclaration de revenus de l'année du divorce.
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