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Partage des biens dans le divorce amiable 2026

Partage des biens dans le divorce amiable 2026

Partage des biens dans le divorce amiable : guide complet 2026

Le partage des biens est souvent l'étape la plus redoutée du divorce. Pourtant, dans un divorce par consentement mutuel, les époux restent maîtres de leurs décisions. Comprendre les règles selon votre régime matrimonial permet d'éviter les mauvaises surprises et de conclure rapidement.

En bref :

  • 85 % des couples mariés en France sont sous le régime de la communauté réduite aux acquêts (source : Ministère de la Justice, 2024).
  • La liquidation du régime matrimonial doit être intégrée à la convention de divorce avant dépôt chez le notaire, sous peine de nullité de la procédure.
  • Selon l'article 229-3 du Code civil, la convention de divorce par consentement mutuel doit mentionner expressément le règlement complet des effets patrimoniaux.
  • Le coût d'un partage amiable est estimé entre 1 000 € et 3 500 € (hors immobilier), contre 5 000 € à 20 000 € en cas de contentieux judiciaire.

Qu'est-ce que la liquidation du régime matrimonial ?

La liquidation du régime matrimonial est l'opération juridique qui consiste à identifier, évaluer et répartir l'ensemble des biens et dettes des époux au moment du divorce. Elle met fin aux droits et obligations patrimoniaux nés du mariage.

Cette liquidation est obligatoire dans tout divorce, y compris par consentement mutuel. Elle intervient avant la signature de la convention de divorce. Sans elle, la procédure est incomplète et le notaire ne peut pas déposer la convention.

Concrètement, la liquidation répond à trois questions :

  • Quels biens appartiennent à chacun en propre ?
  • Quels biens sont communs ou indivis ?
  • Comment répartir ces biens et dettes entre les deux époux ?

Le résultat est formalisé dans un état liquidatif, document obligatoirement rédigé par un notaire lorsque le patrimoine comprend un bien immobilier (article 265-2 du Code civil). En l'absence d'immobilier, les avocats peuvent intégrer la liquidation directement dans la convention de divorce.

Les régimes matrimoniaux en France : tableau comparatif

Le régime matrimonial détermine les règles de partage applicables. Il est fixé au moment du mariage, parfois modifié en cours d'union. Voici les quatre régimes principaux et leurs conséquences sur le partage :

Régime matrimonial Fréquence estimée Biens communs Biens propres Partage au divorce
Communauté réduite aux acquêts (régime légal) ~85 % Revenus, biens acquis pendant le mariage Biens reçus avant le mariage, héritages, donations 50/50 sur la masse commune (sauf accord différent)
Séparation de biens ~12 % Biens acquis en indivision seulement Tous les biens acquis individuellement Chacun reprend ses biens ; partage de l'indivision
Communauté universelle ~2 % Tous les biens (présents et futurs) Aucun (sauf clause de remploi) 50/50 sur l'intégralité du patrimoine
Participation aux acquêts ~1 % Aucun pendant le mariage Tous les biens individuels Créance de participation calculée sur l'enrichissement

Sources : Conseil Supérieur du Notariat, données 2024.

Question : Comment savoir sous quel régime matrimonial je suis marié ?

Réponse : Consultez votre contrat de mariage signé chez le notaire avant le mariage. En l'absence de contrat, vous êtes automatiquement sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts (article 1400 du Code civil). Votre avocat peut vérifier ce point lors du premier rendez-vous.

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Partage sous le régime de la communauté réduite aux acquêts

C'est le régime le plus courant. Il s'applique à environ 85 % des couples mariés en France. Comprendre ses mécanismes est donc essentiel pour la majorité des personnes qui divorcent.

Ce qui entre dans la masse commune

Sont considérés comme biens communs :

  • Les salaires et revenus perçus pendant le mariage
  • Les biens immobiliers achetés pendant le mariage (même avec un seul salaire)
  • Les placements financiers alimentés par des revenus communs (assurance-vie, PEL, PER...)
  • Les véhicules, meubles et objets acquis pendant le mariage
  • Les dettes contractées pour les besoins du ménage

Ce qui reste propre à chaque époux

Restent biens propres :

  • Les biens possédés avant le mariage
  • Les biens reçus par héritage ou donation, même pendant le mariage
  • Les indemnités personnelles (préjudice corporel, dommages moraux)
  • Les biens achetés par remploi d'un bien propre (avec déclaration expresse)

Le partage de la masse commune s'effectue en principe à parts égales (50/50). Cependant, dans un divorce amiable, les époux peuvent librement convenir d'une répartition différente. Par exemple : 60/40, ou attribution d'un bien à l'un en compensation d'une soulte versée à l'autre.

La soulte est la somme d'argent versée par un époux à l'autre pour compenser un déséquilibre dans l'attribution des biens. Elle est fréquente lors du rachat de la part de la résidence principale.

Partage sous le régime de la séparation de biens

Sous ce régime, chaque époux conserve la propriété exclusive de ses biens. Il n'existe pas de masse commune à partager, sauf si les époux ont acquis des biens ensemble (en indivision).

Le divorce est donc en principe plus simple : chacun reprend ses biens propres. Mais deux situations complexifient le partage :

L'indivision entre époux séparés de biens

Si les époux ont acheté un bien immobilier ensemble, ce bien est en indivision. Chaque époux est propriétaire d'une quote-part, généralement proportionnelle à son apport financier. Au divorce, trois options existent :

  1. Vendre le bien et partager le produit de la vente
  2. L'un rachète la part de l'autre (versement d'une soulte)
  3. Maintenir l'indivision temporairement (rare, déconseillé)

Les créances entre époux

Un époux peut avoir financé un bien appartenant à l'autre. Il dispose alors d'une créance (droit à remboursement) à faire valoir au moment du divorce. Ces créances sont souvent source de litiges. Les avocat des deux parties doivent les identifier et les chiffrer avec précision.

Sous séparation de biens, il est fortement recommandé de conserver toutes les preuves de paiement (relevés bancaires, virements, factures) pour justifier les contributions respectives.

Question : En séparation de biens, dois-je quand même faire appel à un notaire pour divorcer ?

Réponse : Oui, si votre patrimoine commun comprend un bien immobilier. Le notaire est obligatoire pour établir l'état liquidatif (article 265-2 du Code civil). En l'absence d'immobilier, les avocats suffisent pour formaliser la convention de divorce.

Le cas particulier de la résidence principale

La résidence principale est souvent le bien le plus précieux et le plus chargé émotionnellement. Son sort doit être réglé dans la convention de divorce. Trois scénarios sont possibles.

Scénario 1 : Vente du bien

Les deux époux vendent le bien et se partagent le produit net (après remboursement du crédit immobilier restant). C'est la solution la plus simple comptablement. Les frais d'agence (3 % à 8 % du prix de vente) et les frais de mainlevée d'hypothèque sont à prévoir.

Scénario 2 : Rachat par l'un des époux

Un époux rachète la part de l'autre. Il verse une soulte calculée ainsi :

  • Valeur du bien (estimée par expert ou agence) moins le capital restant dû du crédit
  • Divisée par deux (pour une quote-part égale)

Exemple : bien estimé à 300 000 €, crédit restant de 100 000 €. Valeur nette = 200 000 €. Soulte = 100 000 €.

L'époux qui rachète doit obtenir seul le financement bancaire. La banque peut refuser si sa capacité d'emprunt est insuffisante.

Scénario 3 : Attribution à l'un des époux sans soulte

Les époux peuvent convenir librement qu'un époux reçoit le bien sans verser de soulte, en contrepartie d'autres concessions (renonciation à une pension compensatoire, par exemple). Cette liberté est l'un des avantages du divorce amiable.

Question : Quel est le coût du partage d'un bien immobilier lors d'un divorce amiable ?

Réponse : Le partage immobilier génère un droit de partage de 1,1 % de la valeur nette du bien (depuis la loi de finances 2021, maintenu en 2026). À cela s'ajoutent les émoluments du notaire et les frais d'état liquidatif, soit un total généralement compris entre 2 000 € et 6 000 € selon la valeur du bien.

Biens financiers, épargne et retraite : comment les partager ?

Les actifs financiers sont souvent négligés dans la négociation du divorce. Ils peuvent pourtant représenter des sommes significatives.

Comptes bancaires et livrets

Sous communauté, les sommes épargnées pendant le mariage sont communes. Chaque époux a droit à la moitié. Les comptes joints doivent être clôturés ou transformés en comptes individuels. Les livrets A, LDD, PEL ouverts pendant le mariage entrent dans la masse commune.

Assurance-vie

L'assurance-vie est un cas complexe. Si les primes ont été versées avec des fonds communs, la valeur de rachat est commune à hauteur des versements effectués pendant le mariage. Une récompense peut être due à la communauté. Les avocats doivent analyser les relevés de versements pour déterminer la part commune.

Plan d'épargne retraite (PER) et retraite complémentaire

Les droits à retraite ne sont pas partageables directement. En revanche, les versements effectués sur un PER pendant le mariage, avec des fonds communs, constituent une créance de la communauté. La prestation compensatoire peut tenir compte du déséquilibre de retraite future entre les époux.

Comptes-titres et PEA

Les plus-values et dividendes perçus pendant le mariage sont communs sous le régime légal. La valeur du portefeuille au jour de la dissolution du régime est prise en compte. Un expert financier peut être sollicité pour valoriser des actifs complexes.

Question : L'assurance-vie doit-elle être partagée lors d'un divorce amiable ?

Réponse : Pas automatiquement. Seule la part des primes versées avec des fonds communs est concernée. Si le contrat a été alimenté uniquement avec des fonds propres (héritage, par exemple), il reste un bien propre. L'analyse des relevés de versement est indispensable pour trancher.

Dettes et passif : qui paie quoi après le divorce ?

Le partage des biens ne concerne pas seulement l'actif. Les dettes contractées pendant le mariage doivent également être réparties. C'est souvent un point de friction dans les négociations.

Sous le régime de la communauté, les dettes ménagères (crédit immobilier, crédit à la consommation pour les besoins du foyer) sont communes. Chaque époux en est solidairement responsable vis-à-vis des créanciers, même après le divorce.

Attention : la convention de divorce peut prévoir que l'un des époux prend en charge une dette. Mais cet accord ne s'impose pas aux créanciers (banques, organismes de crédit). Si l'époux désigné ne paie pas, le créancier peut se retourner contre l'autre.

Pour éviter ce risque, il est conseillé de :

  • Solder les crédits communs avant le divorce si possible
  • Obtenir une désolidarisation bancaire formelle pour le crédit immobilier
  • Clôturer les comptes joints et cartes bancaires communes
  • Formaliser par écrit toute prise en charge de dette dans la convention

Les dettes personnelles (contractées avant le mariage ou pour des besoins strictement personnels) restent à la charge de l'époux concerné.

Comment formaliser le partage dans la convention de divorce ?

Dans un divorce par consentement mutuel (article 229-1 du Code civil), le partage des biens est intégré à la convention de divorce. Ce document, rédigé par les avocats des deux parties, doit être exhaustif et précis.

Contenu obligatoire de la convention sur le plan patrimonial

  • Identification de chaque bien (description, valeur estimée, date d'acquisition)
  • Attribution de chaque bien à l'un ou l'autre des époux
  • Mention des biens propres (pas à partager)
  • Montant et modalités de paiement de la soulte éventuelle
  • Répartition des dettes
  • Renonciation réciproque à tout recours ultérieur sur le patrimoine partagé

Si le patrimoine comprend un bien immobilier, un état liquidatif notarié est annexé à la convention. Le notaire perçoit ses émoluments selon un barème réglementé.

Délai et dépôt chez le notaire

Après signature de la convention par les époux et leurs avocats, un délai de réflexion de 15 jours est obligatoire (article 229-4 du Code civil). Passé ce délai, les avocats déposent la convention chez un notaire. Le divorce est effectif à la date du dépôt.

La procédure complète dure en moyenne 2 à 3 mois lorsque le patrimoine est simple. Elle peut atteindre 6 à 12 mois si des biens complexes (immobilier, entreprise, actifs financiers importants) nécessitent des expertises.

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FAQ : partage des biens dans le divorce amiable

Peut-on divorcer à l'amiable sans partager les biens immédiatement ?

Non. La convention de divorce par consentement mutuel doit régler l'intégralité des effets patrimoniaux du mariage (article 229-3 du Code civil). Un partage incomplet ou différé rend la convention nulle. Toutefois, les époux peuvent convenir de vendre un bien après le divorce, à condition que les modalités soient précisées dans la convention.

Que se passe-t-il si l'un des époux a dissimulé des biens ?

La dissimulation de biens est sanctionnée par la loi. L'époux lésé peut saisir le tribunal pour obtenir la part qui lui revient, même après le divorce. En cas de fraude avérée, l'époux dissimulateur peut perdre sa part sur les biens cachés (article 1477 du Code civil pour la communauté). Un audit patrimonial réalisé par l'avocat permet de limiter ce risque.

Le partage des biens est-il imposable ?

Le partage en lui-même n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu. En revanche, le droit de partage de 1,1 % s'applique sur la valeur nette des biens partagés. La soulte versée n'est pas déductible fiscalement. La vente d'un bien immobilier peut générer une plus-value imposable si le bien n'est pas la résidence principale des deux époux au moment de la vente.

Peut-on modifier le partage après la signature de la convention ?

Non, en principe. Une fois la convention déposée chez le notaire, le divorce est définitif et le partage irrévocable. Une modification ne peut intervenir que si une erreur matérielle est prouvée ou en cas de vice du consentement (dol, violence, erreur). C'est pourquoi il est essentiel de vérifier chaque point avant signature, avec l'aide de votre avocat.

Que devient le Plan d'Épargne Logement (PEL) commun ?

Un PEL ouvert pendant le mariage et alimenté par des revenus communs est un bien commun. Sa valeur au jour de la dissolution du régime est partagée entre les époux. L'un peut racheter la part de l'autre, ou le PEL peut être clôturé et le solde partagé. Les droits à prêt attachés au PEL sont non transmissibles.

Faut-il un avocat différent pour chaque époux lors du partage des biens ?

Oui, obligatoirement. Dans un divorce par consentement mutuel, chaque époux doit être assisté de son propre avocat (article 229-1 du Code civil). Cette règle protège les intérêts de chacun, notamment lors de la négociation du partage. Les deux avocats travaillent ensemble pour rédiger la convention, mais chacun défend son client.

Questions fréquentes

Non. La convention de divorce par consentement mutuel doit régler l'intégralité des effets patrimoniaux du mariage (article 229-3 du Code civil). Un partage incomplet rend la convention nulle. Les époux peuvent prévoir une vente postérieure au divorce, à condition que les modalités soient précisément définies dans la convention.
La dissimulation de biens est sanctionnée par l'article 1477 du Code civil : l'époux fraudeur peut perdre sa part sur les biens cachés. L'époux lésé peut saisir le tribunal pour obtenir sa part, même après le divorce. Un audit patrimonial réalisé par l'avocat en amont limite ce risque.
Le partage en lui-même n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu. Un droit de partage de 1,1 % s'applique sur la valeur nette des biens partagés. La vente d'un bien immobilier peut générer une plus-value imposable si le bien n'est pas la résidence principale des deux époux au moment de la vente.
La soulte est calculée sur la valeur nette du bien : valeur de marché estimée moins le capital restant dû du crédit, divisée par la quote-part de l'époux qui cède sa part. Exemple : bien à 300 000 €, crédit restant de 100 000 €, valeur nette de 200 000 €, soulte de 100 000 € pour une quote-part égale. Les frais de rachat incluent le droit de partage (1,1 %) et les émoluments du notaire.
Le notaire est obligatoire dès que le patrimoine comprend un bien immobilier (article 265-2 du Code civil). Il rédige l'état liquidatif annexé à la convention de divorce. En l'absence d'immobilier, les deux avocats peuvent intégrer la liquidation directement dans la convention, sans intervention notariale obligatoire.
Avec un bien immobilier, la procédure dure en moyenne 4 à 6 mois : 1 à 2 mois pour les négociations et la rédaction de la convention, 15 jours de délai de réflexion obligatoire, puis le dépôt chez le notaire. Des situations complexes (expertise, désaccord sur la valeur du bien, rachat de crédit) peuvent porter ce délai à 9 à 12 mois.
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