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Vendre son bien immobilier pendant un divorce : guide 2026

Vendre son bien immobilier pendant le divorce : étapes et fiscalité

La vente d'un bien immobilier pendant un divorce est souvent inévitable. Elle permet de partager le produit de cession et de solder le crédit commun. Mais la procédure et les conséquences fiscales sont mal connues des époux. Ce guide détaille chaque étape et chaque impôt applicable en 2026.

En bref :

  • La vente de la résidence principale pendant le divorce est exonérée de plus-value, quelle que soit la durée de détention (article 150 U II 1° du CGI).
  • Le délai moyen pour vendre un bien immobilier en France est de 3 à 6 mois selon le marché local (données notariales 2025).
  • Les deux époux doivent signer le compromis et l'acte de vente tant que le divorce n'est pas définitif (article 215 du Code civil).
  • Le produit de vente est partagé à 50/50 par défaut en régime de communauté légale, sauf clause contraire dans la convention de divorce.

Qu'est-ce que la vente immobilière dans le cadre d'un divorce ?

La vente immobilière dans le cadre d'un divorce est la cession d'un bien appartenant aux deux époux, en vue de partager le produit de la vente. Elle intervient généralement lorsqu'aucun des deux conjoints ne souhaite ou ne peut racheter la part de l'autre.

Cette vente peut porter sur la résidence principale, une résidence secondaire ou un investissement locatif. Chaque type de bien entraîne des conséquences fiscales différentes. La nature du régime matrimonial — communauté légale, séparation de biens ou participation aux acquêts — détermine les droits de chacun sur le produit de la vente.

En régime de communauté légale (le plus fréquent en France, concernant environ 80 % des couples mariés selon le Ministère de la Justice), le bien acheté pendant le mariage appartient à parts égales aux deux époux. La vente nécessite donc l'accord des deux parties à chaque étape de la transaction.

Quand vendre : avant ou après le divorce ?

Le moment de la vente a des conséquences pratiques et fiscales importantes. Deux scénarios sont possibles : vendre pendant la procédure ou attendre que le divorce soit prononcé.

Vendre pendant la procédure de divorce

Vendre pendant la procédure est possible et souvent conseillé. Cela permet de solder le crédit commun rapidement et d'éviter les frais de gestion du bien pendant la période de transition. En divorce par consentement mutuel, les époux peuvent prévoir la vente directement dans la convention de divorce.

Tant que le divorce n'est pas prononcé, les deux époux restent copropriétaires. L'article 215 du Code civil impose leur accord conjoint pour toute décision concernant le logement familial. Les deux signatures sont donc obligatoires sur le compromis de vente et sur l'acte authentique chez le notaire.

Un avantage fiscal majeur existe ici : si le bien vendu est la résidence principale au moment de la vente, l'exonération de plus-value s'applique intégralement. Cette règle vaut même si l'un des époux a quitté le domicile, à condition que le bien reste la résidence principale de l'autre conjoint jusqu'à la vente.

Vendre après le divorce

Vendre après le divorce est plus complexe. Une fois le divorce prononcé, le bien entre en indivision. L'indivision est le régime juridique dans lequel deux personnes détiennent ensemble un bien sans qu'il soit encore partagé. Chaque indivisaire peut forcer la vente en saisissant le tribunal judiciaire si l'autre refuse (article 815 du Code civil : « Nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision »).

La vente après divorce peut également entraîner une perte de l'exonération de plus-value sur la résidence principale si le bien n'est plus occupé par l'un des ex-époux. Ce point est crucial et souvent sous-estimé.

Question : Peut-on vendre la maison pendant un divorce sans l'accord de l'autre ?

Réponse : Non, la signature des deux époux est obligatoire tant que le divorce n'est pas prononcé. Si l'un refuse, l'autre peut saisir le juge aux affaires familiales ou, après le divorce, le tribunal judiciaire sur le fondement de l'article 815 du Code civil pour forcer la vente.

Les étapes de la vente immobilière pendant un divorce

La procédure de vente suit les mêmes grandes étapes qu'une vente classique, avec des contraintes supplémentaires liées à la situation matrimoniale.

  1. Accord des deux époux sur le principe de la vente. Cet accord doit être formalisé, idéalement dans la convention de divorce pour un divorce amiable.
  2. Estimation du bien. Faire réaliser une ou plusieurs estimations par des agents immobiliers ou un notaire. Le prix doit être accepté par les deux parties.
  3. Mandat de vente. Les deux époux signent le mandat confié à l'agent immobilier ou décident de vendre entre particuliers.
  4. Compromis de vente. Les deux époux signent le compromis. Ce document engage les parties et fixe le prix, les conditions suspensives (obtention d'un prêt notamment) et la date de signature de l'acte définitif.
  5. Délai de réalisation. Entre le compromis et l'acte définitif, comptez en moyenne 2 à 3 mois pour la levée des conditions suspensives et les vérifications notariales.
  6. Acte de vente chez le notaire. Les deux époux signent l'acte authentique. Le notaire répartit le produit de la vente selon les termes convenus.
  7. Partage du produit. Après remboursement du crédit immobilier en cours et des frais, le solde est partagé entre les deux époux selon les modalités prévues dans la convention.

Question : Combien coûte la vente d'un bien immobilier pendant un divorce ?

Réponse : Les frais de vente habituels s'appliquent : commission d'agence (4 à 8 % du prix de vente), frais de notaire à la charge de l'acheteur (7 à 8 % dans l'ancien), et éventuellement des frais de mainlevée d'hypothèque (environ 0,5 % du capital restant dû). Aucun frais supplémentaire n'est lié au contexte du divorce lui-même.

Fiscalité de la vente : plus-value et exonérations

La plus-value immobilière est la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition du bien. Elle est en principe imposable en France au taux global de 36,2 % (19 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Mais plusieurs exonérations s'appliquent fréquemment en contexte de divorce.

Exonération pour résidence principale

C'est l'exonération la plus importante. La plus-value réalisée sur la vente de la résidence principale est totalement exonérée d'impôt, sans condition de durée de détention (article 150 U II 1° du Code général des impôts). Cette exonération s'applique si le bien constitue la résidence principale effective et habituelle du vendeur au jour de la cession.

En cas de divorce, si l'un des époux a quitté le domicile avant la vente, l'administration fiscale admet l'exonération à condition que :

  • Le conjoint resté dans le bien l'occupe à titre de résidence principale jusqu'à la vente ;
  • La vente intervienne dans un délai normal après le départ (en pratique, la même année civile ou l'année suivante selon les cas).

Si le bien est une résidence secondaire ou un investissement locatif, la plus-value est imposable. Des abattements pour durée de détention s'appliquent alors : exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans de détention, exonération totale de prélèvements sociaux après 30 ans.

Question : La plus-value est-elle imposable si on vend la maison familiale lors d'un divorce ?

Réponse : Non, si le bien est la résidence principale, la plus-value est totalement exonérée en vertu de l'article 150 U II 1° du CGI. Cette exonération s'applique même si l'un des époux a quitté le domicile avant la vente, à condition que le conjoint restant l'occupe jusqu'à la cession.

Tableau comparatif : fiscalité selon le type de bien vendu

Type de bien Exonération plus-value Taux d'imposition Abattement durée de détention
Résidence principale Totale (sans condition) 0 % Non applicable
Résidence secondaire Partielle selon durée 36,2 % (sans abattement) Exonération IR après 22 ans, PS après 30 ans
Investissement locatif Partielle selon durée 36,2 % (sans abattement) Exonération IR après 22 ans, PS après 30 ans
Bien reçu par donation/succession Selon usage effectif 36,2 % si hors résidence principale Identique résidence secondaire

Droits de partage : une taxe souvent oubliée

Les droits de partage sont une taxe spécifique au divorce. Ils s'appliquent lors du partage des biens communs entre époux. En 2026, le taux est de 1,1 % de l'actif net partagé (article 746 du Code général des impôts).

Attention : les droits de partage ne s'appliquent pas à la vente elle-même, mais au partage du produit de la vente entre les époux. Ils sont dus dès lors qu'il y a liquidation du régime matrimonial. Ils sont calculés sur la valeur nette des biens partagés, c'est-à-dire après déduction des dettes (crédit immobilier restant dû notamment).

Exemple concret : un bien vendu 400 000 € avec un crédit restant de 100 000 €. L'actif net partagé est de 300 000 €. Les droits de partage s'élèvent à 300 000 € × 1,1 % = 3 300 €, soit 1 650 € par époux.

Ces droits sont collectés par le notaire au moment de la liquidation du régime matrimonial. Ils s'ajoutent aux frais de vente habituels et doivent être anticipés dans le calcul du produit net revenant à chaque époux.

Question : Doit-on payer des droits de partage lors d'un divorce amiable avec vente de la maison ?

Réponse : Oui, les droits de partage sont dus lors de la liquidation du régime matrimonial, au taux de 1,1 % de l'actif net partagé (article 746 du CGI). Ils sont calculés sur le produit net de la vente après remboursement du crédit, et collectés par le notaire.

Organiser la vente dans la convention de divorce amiable

Dans un divorce par consentement mutuel, la convention de divorce est le document central. Elle doit prévoir explicitement les modalités de la vente immobilière pour éviter tout blocage ultérieur.

Les clauses essentielles à inclure sont :

  • Le principe de la vente : les deux époux s'engagent à vendre le bien.
  • Le prix minimum acceptable : pour éviter qu'un époux refuse toute offre.
  • Le délai de mise en vente : par exemple, mise en vente dans les 30 jours suivant le dépôt de la convention.
  • Le choix de l'agent immobilier : accord commun ou désignation d'un notaire pour gérer la vente.
  • La répartition du produit net : 50/50 par défaut, ou autre répartition justifiée (apport personnel, remboursement différencié du crédit).
  • La gestion des charges en attendant la vente : qui paie le crédit, les charges de copropriété, la taxe foncière.

Une convention bien rédigée par deux avocats évite les conflits post-divorce. En divorce par consentement mutuel sans juge (procédure en vigueur depuis la loi du 18 novembre 2016), la convention est déposée chez un notaire et a force exécutoire. Elle peut donc être utilisée pour contraindre l'autre époux à respecter ses engagements.

Vous pouvez obtenir une estimation du coût de votre divorce amiable, y compris la gestion de la vente immobilière, via le formulaire de devis gratuit de Divorce Simplifié.

Cas particuliers et points de vigilance

Crédit immobilier en cours

Si un crédit immobilier est en cours, le produit de la vente sert d'abord à rembourser le capital restant dû. Des pénalités de remboursement anticipé peuvent s'appliquer : elles sont plafonnées à 3 % du capital restant dû ou à 6 mois d'intérêts (article R. 313-25 du Code de la consommation). Négociez leur suppression avec la banque, qui y consent souvent dans le cadre d'un divorce.

Bien en séparation de biens

En régime de séparation de biens, si le bien appartient à l'un des époux uniquement (financement personnel), il peut vendre seul sans l'accord de l'autre. Si le bien a été acheté en indivision (les deux noms sur l'acte), les règles de l'indivision s'appliquent : accord des deux indivisaires requis.

Bien reçu par donation ou succession

Un bien reçu par donation ou succession avant ou pendant le mariage reste en principe un bien propre, même en communauté légale. L'époux propriétaire peut le vendre seul. Mais si des fonds communs ont été investis dans ce bien (travaux, remboursement de crédit), l'autre époux peut réclamer une récompense lors de la liquidation.

Taxe sur la plus-value et délai de déclaration

Si la plus-value est imposable (résidence secondaire ou locatif), le notaire prélève et verse l'impôt directement lors de la vente. Le vendeur n'a pas de démarche fiscale supplémentaire à effectuer. Il doit toutefois reporter le montant de la plus-value imposable dans sa déclaration de revenus annuelle (case 3VZ).

Chiffres clés et synthèse pratique

Voici les données essentielles à retenir pour planifier la vente de votre bien immobilier dans le cadre d'un divorce en 2026 :

  • Délai moyen de vente : 3 à 6 mois selon la localisation et le marché.
  • Taux de plus-value immobilière : 36,2 % (19 % IR + 17,2 % PS) sur les biens autres que la résidence principale.
  • Droits de partage : 1,1 % de l'actif net partagé (article 746 du CGI).
  • Pénalités de remboursement anticipé : plafonnées à 3 % du capital restant dû.
  • Exonération résidence principale : totale, sans durée de détention minimale (article 150 U II 1° du CGI).
  • Exonération résidence secondaire : totale après 22 ans pour l'IR, 30 ans pour les prélèvements sociaux.

À retenir : La vente de la résidence principale pendant le divorce est fiscalement neutre grâce à l'exonération totale de plus-value. Les droits de partage (1,1 %) restent dus. Anticipez ces frais dans vos calculs de partage. Consultez toujours un avocat et un notaire pour sécuriser la transaction.

Pour un accompagnement personnalisé sur la vente de votre bien et la rédaction de votre convention de divorce, consultez un avocat spécialisé. Divorce Simplifié met en relation les époux avec des avocats partenaires dans toute la France.

FAQ : vente immobilière et divorce

Question : Peut-on inclure la vente de la maison dans la convention de divorce amiable ?

Réponse : Oui, et c'est fortement recommandé. La convention de divorce par consentement mutuel peut prévoir le principe de la vente, le prix minimum, le délai et la répartition du produit. Une fois déposée chez le notaire, elle a force exécutoire (loi du 18 novembre 2016).

Question : Que se passe-t-il si l'un des époux refuse de vendre la maison ?

Réponse : Pendant la procédure, le juge aux affaires familiales peut être saisi pour autoriser un époux à agir seul dans des cas urgents. Après le divorce, tout indivisaire peut saisir le tribunal judiciaire pour forcer la vente sur le fondement de l'article 815 du Code civil.

Question : Comment est calculé le partage du produit de vente entre époux ?

Réponse : En régime de communauté légale, le partage est de 50/50 par défaut. Le produit net (prix de vente – crédit restant – frais de vente – droits de partage) est divisé en deux parts égales. Une répartition différente peut être convenue dans la convention de divorce si des apports personnels ou des remboursements différenciés le justifient.

Question : Faut-il un notaire pour vendre la maison pendant un divorce ?

Réponse : Oui, l'acte de vente d'un bien immobilier est obligatoirement un acte authentique rédigé par un notaire (article 1582 et suivants du Code civil). De plus, la liquidation du régime matrimonial liée au divorce nécessite également l'intervention d'un notaire lorsqu'il y a un bien immobilier.

Question : La vente d'un investissement locatif pendant un divorce est-elle taxée ?

Réponse : Oui, la plus-value sur un investissement locatif est imposable au taux de 36,2 %. Des abattements pour durée de détention s'appliquent progressivement : exonération totale d'IR après 22 ans, exonération totale de prélèvements sociaux après 30 ans. Le notaire prélève l'impôt directement lors de la vente.

Question : Quel est le délai pour vendre la maison après un divorce ?

Réponse : Il n'existe pas de délai légal imposé. Mais plus la vente tarde après le divorce, plus le risque de perdre l'exonération de plus-value sur la résidence principale augmente. L'administration fiscale admet généralement un délai raisonnable d'un an si des circonstances indépendantes de la volonté des époux retardent la vente.

Questions fréquentes

Oui, et c'est fortement recommandé. La convention de divorce par consentement mutuel peut prévoir le principe de la vente, le prix minimum, le délai et la répartition du produit. Une fois déposée chez le notaire, elle a force exécutoire en vertu de la loi du 18 novembre 2016.
Pendant la procédure, le juge aux affaires familiales peut être saisi pour des situations urgentes. Après le divorce, tout indivisaire peut saisir le tribunal judiciaire pour forcer la vente sur le fondement de l'article 815 du Code civil, qui dispose que nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision.
Non. La plus-value sur la résidence principale est totalement exonérée d'impôt, sans condition de durée de détention, en vertu de l'article 150 U II 1° du Code général des impôts. Cette exonération s'applique même si l'un des époux a quitté le domicile, à condition que le conjoint restant l'occupe jusqu'à la vente.
Les droits de partage s'élèvent à 1,1 % de l'actif net partagé, conformément à l'article 746 du Code général des impôts. Ils sont calculés sur le produit net de la vente après déduction du crédit restant dû, et collectés par le notaire lors de la liquidation du régime matrimonial.
Oui, deux interventions notariales sont obligatoires : l'acte de vente authentique (article 1582 du Code civil) et la liquidation du régime matrimonial dès lors qu'un bien immobilier est concerné. Le notaire prélève également les droits de partage et, le cas échéant, l'impôt sur la plus-value.
En régime de communauté légale, le partage est de 50/50 par défaut. Le produit net (prix de vente moins crédit restant, frais d'agence, droits de partage) est divisé en deux parts égales. Une répartition différente peut être prévue dans la convention de divorce si des apports personnels ou des remboursements différenciés le justifient.
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