- 3 régimes matrimoniaux différents impliquent des règles de partage radicalement distinctes.
- La liquidation notariale est obligatoire dès qu'un bien immobilier figure dans le patrimoine commun.
- Coût du partage : entre 1 % et 2,5 % de l'actif net partagé en émoluments notariaux, plus les droits de partage fiscaux.
- Délai moyen : 3 à 6 mois entre le premier rendez-vous chez le notaire et la signature de l'acte de liquidation.
Votre régime matrimonial : point de départ obligatoire
Avant de toucher à un seul bien, vous devez identifier votre régime matrimonial. C'est lui qui détermine ce qui appartient à qui, ce qui est partageable et ce qui ne l'est pas. En France en 2026, trois régimes coexistent.
La communauté réduite aux acquêts (régime par défaut)
Vous n'avez signé aucun contrat de mariage ? Vous êtes automatiquement sous ce régime. La règle est simple :
- Biens communs : tout ce qui a été acheté ou épargné pendant le mariage (salaires, investissements, résidence principale acquise ensemble).
- Biens propres : ce que chacun possédait avant le mariage, les héritages et les donations reçues à titre personnel.
Au divorce, seule la masse commune est partagée, en principe par moitié. Les biens propres restent à leur propriétaire sans discussion.
La séparation de biens
Ici, chaque époux reste propriétaire exclusif de ce qu'il acquiert, avant et pendant le mariage. Il n'existe aucune masse commune à partager. La liquidation se limite donc à :
- Rembourser les éventuelles créances entre époux (l'un a financé un bien de l'autre).
- Vendre ou attribuer les biens achetés en indivision (à deux noms).
Ce régime simplifie considérablement le divorce amiable sur le plan patrimonial.
La communauté universelle
Tous les biens — qu'ils aient été acquis avant ou pendant le mariage, reçus par héritage ou donation — entrent dans la masse commune. Le partage porte donc sur l'intégralité du patrimoine des deux époux. Ce régime, moins fréquent, rend la liquidation plus complexe et souvent plus longue.
Question : comment savoir sous quel régime je suis marié ?
Consultez votre acte de mariage : la mention du notaire et du contrat y figure si vous en avez signé un. En l'absence de toute mention, vous êtes sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts. Votre notaire peut aussi effectuer cette vérification en quelques minutes.
Étape 1 — Dresser l'inventaire complet du patrimoine
La liquidation commence toujours par un état des lieux exhaustif. Rien ne doit être oublié, ni dans l'actif ni dans le passif. Voici la checklist des documents à réunir avant le premier rendez-vous chez le notaire.
Documents relatifs aux biens immobiliers
- Titre de propriété de chaque bien.
- Dernière estimation de valeur (agence immobilière ou expert).
- Tableau d'amortissement du crédit immobilier en cours.
- Relevés des travaux financés par chaque époux (si séparation de biens ou biens propres réemployés).
Documents relatifs aux autres actifs
- Relevés de comptes bancaires joints et individuels (3 derniers mois minimum).
- Relevés de comptes épargne : livrets, PEL, assurance-vie, PEA, PER.
- Valeur des parts sociales ou actions si l'un des époux détient une participation dans une société.
- Valeur des véhicules (cote Argus).
Documents relatifs aux dettes
- Capitaux restant dus sur tous les crédits (immobilier, consommation, auto).
- Dettes fiscales communes éventuelles.
- Cautions solidaires en cours.
Un inventaire incomplet est la première cause de blocage dans une liquidation. Prenez le temps de le constituer soigneusement avant toute négociation.
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Étape 2 — La liquidation du régime matrimonial : qui fait quoi ?
La liquidation est l'opération juridique et comptable qui solde définitivement les droits de chaque époux sur le patrimoine commun. Elle doit être réalisée avant l'homologation de la convention de divorce, conformément aux dispositions du Code civil (articles 265-1 et suivants).
Quand le notaire est-il obligatoire ?
Le notaire est obligatoire dans deux situations :
- Le patrimoine commun comprend un ou plusieurs biens immobiliers.
- L'un des époux souhaite que l'acte de partage soit authentique pour opposer ses droits à des tiers.
En l'absence de bien immobilier, les époux peuvent se contenter d'une convention de partage rédigée par leurs avocats. Mais faire appel à un notaire reste conseillé pour sécuriser l'accord.
Le déroulement concret de la liquidation
- Semaines 1-2 : Premier rendez-vous, remise des documents, mission d'évaluation confiée à un expert si nécessaire.
- Semaines 3-6 : Évaluation des biens, calcul de la masse partageable, identification des récompenses (sommes que la communauté doit à un époux, ou inversement).
- Semaines 7-10 : Projet d'état liquidatif soumis aux deux avocats pour relecture et négociation.
- Semaines 11-16 : Signature de l'acte de liquidation-partage chez le notaire par les deux époux.
- Après signature : L'acte est intégré à la convention de divorce ou y est annexé avant dépôt chez le notaire chargé d'homologuer le divorce.
Question : que se passe-t-il si les époux ne sont pas d'accord sur la valeur d'un bien ?
Dans un divorce amiable, l'accord sur les valeurs est indispensable. Si les époux divergent sur l'estimation d'un bien immobilier, le notaire peut recommander de mandater conjointement un expert indépendant. Son rapport s'impose alors aux deux parties. Cette étape allonge le délai de 4 à 8 semaines supplémentaires mais évite un blocage total de la procédure.
Étape 3 — Comprendre le coût réel du partage
Le partage des biens génère deux types de coûts distincts qu'il faut anticiper dès le départ.
| Type de coût | Base de calcul | Montant indicatif |
|---|---|---|
| Émoluments du notaire (acte de partage) | Actif net partagé | Environ 1 % à 2,5 % selon tranches (barème réglementé) |
| Droits de partage (impôt) | Actif net partagé | 1,1 % depuis 2022 |
| Frais de mainlevée d'hypothèque | Capital restant dû | 0,3 % à 0,6 % du capital |
| Soulte (si l'un rachète la part de l'autre) | Valeur du bien – part déjà détenue | Variable selon bien et quote-part |
Exemple concret : Sophie et Marc possèdent une résidence principale estimée à 320 000 €. Le crédit restant dû est de 80 000 €. L'actif net partagé est donc de 240 000 €. Sophie souhaite racheter la part de Marc.
- Soulte versée à Marc : 120 000 € (la moitié de 240 000 €).
- Droits de partage (1,1 %) : environ 2 640 €.
- Émoluments notariaux : environ 2 000 à 3 500 € selon le barème applicable.
- Total frais annexes : entre 4 500 € et 6 000 €, partagés par moitié sauf accord contraire.
Étape 4 — Intégrer le partage dans la convention de divorce
Le divorce par consentement mutuel repose sur une convention signée par les deux époux et leurs avocats respectifs, puis déposée chez un notaire (article 229-1 du Code civil). Cette convention doit impérativement régler le sort de tous les biens.
Ce que la convention doit mentionner concernant les biens
- La liste exhaustive des biens communs et leur attribution à chaque époux.
- La valeur retenue pour chaque bien.
- Le montant de la soulte éventuelle, ses modalités de paiement et son échéancier.
- La référence à l'acte notarié de liquidation-partage (ou son annexe).
- Le sort des dettes communes et leur répartition.
Question : peut-on signer la convention avant que la liquidation soit terminée ?
Non. La convention de divorce doit contenir ou viser l'acte de liquidation du régime matrimonial. Si un bien immobilier est en jeu, l'acte notarié de partage doit être finalisé avant le dépôt de la convention. C'est l'une des raisons pour lesquelles la liquidation est souvent l'étape la plus longue du divorce amiable.
Les situations particulières qui compliquent le partage
Certaines configurations patrimoniales méritent une attention spécifique. Voici les plus fréquentes en 2026.
Le bien immobilier acheté avant le mariage par l'un des époux
Sous le régime de la communauté réduite aux acquêts, ce bien reste un bien propre. Mais attention : si le crédit immobilier a été remboursé en partie grâce aux revenus communs du ménage, la communauté peut avoir droit à une récompense — c'est-à-dire une créance sur le bien propre. Le calcul de cette récompense est une opération délicate qui nécessite l'intervention d'un notaire.
L'assurance-vie
L'assurance-vie n'entre pas dans la masse partageable si les primes ont été versées avec des fonds propres. En revanche, si les primes ont été alimentées par des fonds communs, une récompense est due à la communauté. Les avocats et le notaire doivent examiner l'origine des versements.
La participation dans une société ou une entreprise
Évaluer des parts sociales ou un fonds de commerce est une opération complexe. Un expert-comptable ou un évaluateur agréé est généralement mandaté. Cette étape peut allonger la liquidation de 2 à 4 mois supplémentaires.
Les donations et héritages reçus pendant le mariage
Sous la communauté réduite aux acquêts, les biens reçus par donation ou succession restent des biens propres, même s'ils ont été perçus pendant le mariage. Ils n'entrent pas dans le partage. Mais si ces fonds ont été réinvestis dans un bien commun, une récompense peut être due à l'époux donateur.
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Les 5 erreurs à éviter pour un partage sans accroc
- Oublier de recenser tous les actifs. Un livret d'épargne oublié peut remettre en cause l'accord plusieurs mois après la signature.
- Surestimer ou sous-estimer un bien immobilier. Une valeur non réaliste fragilise la convention et peut entraîner un redressement fiscal.
- Ne pas prévoir les frais de partage dans le calcul de la soulte. La soulte brute et la soulte nette après frais peuvent différer de plusieurs milliers d'euros.
- Confondre attribution d'un bien et transfert de propriété. L'attribution dans la convention ne vaut pas transfert. L'acte notarié est indispensable pour les biens immobiliers.
- Négliger les dettes communes. Un crédit à la consommation commun non mentionné reste une dette solidaire même après le divorce.