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Divorce et SCPI : partage des parts en 2026

Divorce et SCPI : partage des parts en 2026

Divorce et SCPI : comment partager les parts de sociétés civiles de placement immobilier en 2026

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) figurent parmi les placements préférés des Français. Avec un encours total dépassant 90 milliards d'euros en 2025 selon l'ASPIM, de nombreux couples en détiennent au moment du divorce. Leur partage obéit à des règles précises, souvent méconnues. Ce guide vous explique tout, étape par étape.

En bref :

  • Les parts de SCPI acquises pendant le mariage sous régime de communauté sont des biens communs à partager à 50/50 (article 1401 du Code civil).
  • La valorisation des parts repose sur le prix de retrait publié par la SCPI, actualisé en 2026 ; aucune expertise judiciaire n'est obligatoire.
  • Le délai moyen de cession ou de rachat de parts de SCPI varie de 1 à 6 mois selon la liquidité du marché secondaire.
  • Un divorce par consentement mutuel permet de régler le sort des parts de SCPI sans audience, en 1 à 3 mois, pour 1 500 à 3 000 € d'honoraires d'avocats.

Qu'est-ce qu'une SCPI et pourquoi son partage est-il spécifique ?

Une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) est une société qui collecte des fonds auprès d'investisseurs particuliers pour acquérir et gérer un parc immobilier. L'investisseur détient des parts sociales, et non un bien immobilier en direct. Il perçoit des revenus locatifs trimestriels proportionnels à sa quote-part.

Cette nature de valeur mobilière à sous-jacent immobilier crée une double complexité lors du divorce. D'un côté, les parts relèvent du droit des sociétés. De l'autre, leur valeur fluctue selon le marché immobilier. Contrairement à un appartement, on ne peut pas « couper » une part de SCPI en deux physiquement.

En 2026, on distingue trois grandes familles de SCPI :

  • SCPI de rendement : investies en bureaux, commerces, entrepôts logistiques. Rendement moyen 2024 : 4,52 % selon l'ASPIM.
  • SCPI résidentielles : investies en logements, souvent fiscales (Pinel, Malraux).
  • SCPI de plus-value : stratégie orientée valorisation du capital à long terme.

Chaque type implique des enjeux différents lors du partage : fiscalité des revenus, avantages fiscaux en cours, liquidité du marché secondaire. Il est donc indispensable d'identifier précisément la nature des parts détenues avant d'entamer toute négociation.

Régime matrimonial et SCPI : de qui sont les parts ?

La première question à trancher est celle de la propriété des parts. La réponse dépend entièrement du régime matrimonial des époux.

Communauté légale réduite aux acquêts (régime par défaut)

Selon l'article 1401 du Code civil, tous les biens acquis pendant le mariage sont communs, sauf exceptions. Les parts de SCPI achetées avec des revenus du travail ou de l'épargne commune sont donc des biens communs. Elles entrent dans la masse à partager à 50/50.

Exception : si les parts ont été financées avec des fonds propres (héritage, donation, argent détenu avant le mariage), une récompense peut être due à la communauté ou à l'époux apporteur, selon l'article 1433 du Code civil. Il faut conserver les justificatifs de l'origine des fonds.

Séparation de biens

Sous ce régime, chaque époux reste propriétaire de ses propres parts. Seules les parts acquises en indivision (achat commun) nécessitent un partage. Les parts détenues en nom propre restent à leur titulaire, sans compensation.

Participation aux acquêts et communauté universelle

En participation aux acquêts, les parts acquises pendant le mariage sont prises en compte dans le calcul de la créance de participation à la dissolution. En communauté universelle, tous les biens — y compris les parts de SCPI antérieures au mariage — sont communs et à partager.

Question : Les parts de SCPI reçues en héritage pendant le mariage sont-elles communes ?

Réponse : Non. Selon l'article 1405 du Code civil, les biens reçus par succession ou donation restent propres à l'époux bénéficiaire, même sous le régime de communauté légale. Ces parts n'entrent pas dans la masse à partager, à condition de pouvoir en justifier l'origine (acte de succession, relevé de compte).

Comment valoriser les parts de SCPI pour le partage ?

La valorisation des parts est une étape clé. Contrairement à un bien immobilier, pas besoin d'un expert judiciaire : la valeur est publique et officielle.

Le prix de retrait : référence principale

Chaque SCPI publie régulièrement un prix de retrait (ou prix de rachat), qui représente la valeur à laquelle la société rachète les parts. Ce prix est fixé par la société de gestion et actualisé au moins une fois par an. En 2026, il constitue la référence légale pour le partage.

Pour les SCPI à capital variable, le prix de retrait est généralement inférieur de 5 à 10 % au prix de souscription. Pour les SCPI à capital fixe, les parts s'échangent sur le marché secondaire à un prix déterminé par l'offre et la demande.

Valeur de réalisation et valeur de reconstitution

Deux autres indicateurs figurent dans le bulletin annuel de la SCPI :

  • Valeur de réalisation : valeur vénale du patrimoine immobilier divisée par le nombre de parts. Reflète la valeur liquidative réelle.
  • Valeur de reconstitution : valeur de réalisation + frais de reconstitution du patrimoine. Toujours supérieure à la valeur de réalisation.

En pratique, les époux et leurs avocats retiennent généralement le prix de retrait officiel à la date de la convention de divorce. C'est la valeur la plus simple à justifier et à opposer en cas de désaccord.

Question : Peut-on contester la valeur des parts de SCPI lors d'un divorce ?

Réponse : Oui, mais c'est rare. Si l'un des époux estime que le prix de retrait ne reflète pas la valeur réelle (par exemple lors d'une forte décote sur le marché secondaire), il peut demander une expertise contradictoire. Cela allonge les délais de 3 à 6 mois et génère des frais supplémentaires de 1 000 à 3 000 €.

Les trois options pour partager les parts de SCPI

Une fois la valeur établie, trois solutions concrètes s'offrent aux époux.

Option Principe Délai Coût estimé Avantage principal
Rachat par un époux L'un rachète la quote-part de l'autre au prix de retrait 1 à 3 mois Droits de partage : 1,1 % + frais avocat/notaire Simple, pas de cession externe
Cession sur le marché secondaire Les parts sont vendues à un tiers, le produit est partagé 1 à 6 mois Commission de cession : 5 à 12 % selon la SCPI Liquidité immédiate en cash
Conservation en indivision Les époux gardent les parts en commun après divorce Immédiat Frais de gestion annuels inchangés Évite la vente à perte en période défavorable

Option 1 : Rachat par l'un des époux

C'est la solution la plus courante. L'époux qui souhaite conserver les parts verse une soulte à l'autre, correspondant à la moitié de la valeur des parts communes. Par exemple : 200 parts à 1 000 € chacune = 200 000 € de valeur commune. La soulte est de 100 000 €. Cette opération génère des droits de partage de 1,1 % sur la valeur nette partagée (article 746 du Code général des impôts).

Option 2 : Cession sur le marché secondaire

Si aucun des deux époux ne souhaite conserver les parts, elles peuvent être vendues à un tiers investisseur. Pour les SCPI à capital variable, la société de gestion organise le rachat. Pour les SCPI à capital fixe, la cession passe par le marché secondaire organisé par la société de gestion. Attention : en période de tension sur l'immobilier, les délais de cession peuvent dépasser 6 mois et les prix peuvent être décotés.

Option 3 : Maintien en indivision post-divorce

Les époux peuvent décider de conserver les parts en indivision après le divorce, en attendant un moment plus favorable pour vendre. Cette option est possible mais fragile : elle nécessite une bonne entente durable entre ex-époux. Selon l'article 815 du Code civil, tout indivisaire peut demander à tout moment le partage judiciaire.

Fiscalité du partage de parts de SCPI : ce qu'il faut anticiper

Le partage de parts de SCPI génère plusieurs impacts fiscaux à ne pas négliger.

Droits de partage

Depuis le 1er janvier 2012, les partages entre époux en instance de divorce sont soumis à un droit de partage de 1,1 % (article 746 du CGI). Il s'applique sur l'actif net partagé, c'est-à-dire la valeur des parts diminuée des éventuels emprunts souscrits pour les financer.

Plus-value en cas de cession

Si les parts sont cédées à un tiers ou rachetées par la SCPI, une plus-value immobilière peut être taxée. Elle est calculée sur la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition. Le taux d'imposition est de 19 % (IR) + 17,2 % (prélèvements sociaux), soit 36,2 % au total. Des abattements pour durée de détention s'appliquent : exonération totale après 22 ans pour l'IR et 30 ans pour les prélèvements sociaux.

Revenus fonciers perçus jusqu'au partage

Jusqu'à la date de jouissance divise (date à laquelle le partage prend effet), les revenus des parts communes sont déclarés par les deux époux au prorata. Après le partage, chaque époux déclare les revenus de ses propres parts dans la catégorie des revenus fonciers.

Question : Le partage de parts de SCPI entre époux déclenche-t-il une plus-value imposable ?

Réponse : En principe, non. Le partage d'un bien commun entre époux dans le cadre d'un divorce n'est pas une cession à titre onéreux. Il ne génère pas de plus-value imposable pour l'époux qui reçoit les parts. En revanche, si les parts sont ensuite revendues à un tiers, la plus-value est calculée à partir du prix d'acquisition initial, pas du prix de partage.

Le rôle du notaire et de l'avocat dans le partage des SCPI

Le partage de parts de SCPI lors d'un divorce par consentement mutuel implique deux professionnels incontournables.

L'avocat : rédacteur de la convention

Dans un divorce par consentement mutuel (article 229-1 du Code civil), chaque époux doit être assisté de son propre avocat. La convention de divorce fixe précisément la répartition des parts : nombre de parts, valeur retenue, modalités de paiement de la soulte éventuelle, date de jouissance divise. Les honoraires d'avocat varient de 800 à 2 000 € par avocat pour un dossier standard incluant des SCPI.

Le notaire : indispensable si soulte supérieure à 5 000 €

Si le partage des parts de SCPI implique le versement d'une soulte, l'acte de partage doit être notarié dès lors que la valeur des biens partagés dépasse un seuil significatif. Le notaire perçoit des émoluments proportionnels à la valeur partagée, encadrés par le décret du 26 février 2016. Pour une valeur de 100 000 €, les émoluments de partage s'élèvent à environ 1 380 € HT.

La société de gestion de la SCPI : interlocuteur opérationnel

Une fois la convention signée et déposée chez le notaire, il faut informer la société de gestion de la SCPI du changement de propriétaire. Elle procède au transfert des parts dans ses registres. Ce transfert prend généralement 2 à 4 semaines. Certaines sociétés de gestion facturent des frais de transfert de 50 à 150 € par dossier.

Divorce par consentement mutuel et SCPI : le processus étape par étape

Le divorce par consentement mutuel est la voie la plus rapide et la moins coûteuse pour régler le sort des parts de SCPI. Voici le processus complet en 2026.

  1. Inventaire des parts : Collectez les bulletins de souscription, les relevés de compte de la SCPI et les prix de retrait actualisés. Identifiez les parts communes et les parts propres.
  2. Valorisation : Retenez le prix de retrait officiel à la date la plus proche de la signature. Calculez la valeur totale des parts communes.
  3. Choix de l'option de partage : Rachat par un époux, cession externe ou maintien en indivision temporaire. Définissez la soulte éventuelle.
  4. Rédaction de la convention : Vos deux avocats rédigent la convention de divorce. Elle mentionne explicitement les parts de SCPI, leur valeur, leur attribution et les modalités de paiement de la soulte.
  5. Délai de réflexion de 15 jours : Chaque époux dispose de 15 jours pour relire et signer la convention (article 229-4 du Code civil). Ce délai est incompressible.
  6. Signature et dépôt chez le notaire : La convention signée est déposée chez un notaire qui lui confère date certaine et force exécutoire.
  7. Transfert des parts : Envoyez l'acte de partage à la société de gestion de la SCPI pour mise à jour du registre des associés.
  8. Déclarations fiscales : Régularisez les revenus fonciers de l'année du divorce auprès de l'administration fiscale.

Durée totale estimée : 2 à 4 mois pour un dossier sans litige. Coût global (avocats + notaire + droits de partage) : 2 500 à 6 000 € selon la valeur des parts et la complexité du dossier.

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Question : Peut-on divorcer par consentement mutuel si les parts de SCPI sont encore financées par un crédit immobilier en cours ?

Réponse : Oui. La convention de divorce doit mentionner le crédit en cours et préciser lequel des époux en assume le remboursement. Si un seul époux conserve les parts, la banque doit donner son accord pour la désolidarisation du co-emprunteur. Ce processus peut allonger les délais de 1 à 3 mois supplémentaires.

Cas particuliers : SCPI fiscales, SCPI en nue-propriété et SCPI européennes

Certaines configurations de détention complexifient le partage et méritent une attention spécifique.

SCPI fiscales (Pinel, Malraux, Déficit foncier)

Ces SCPI offrent des avantages fiscaux conditionnés à une durée de détention minimale. En cas de cession avant le terme (souvent 9 à 15 ans), les réductions d'impôt obtenues peuvent être reprises par l'administration fiscale. Avant de céder ces parts, vérifiez impérativement la durée de détention restante et l'impact fiscal d'une sortie anticipée. Dans certains cas, il est préférable de les conserver en indivision jusqu'à la fin de l'engagement.

SCPI détenues en nue-propriété ou en usufruit

Certains couples ont acquis des parts de SCPI en démembrement temporaire : l'un détient la nue-propriété, l'autre l'usufruit. Le partage doit tenir compte de la valeur respective de chaque droit. La valeur de la nue-propriété dépend de la durée restante du démembrement et du taux d'actualisation retenu. Un notaire ou un expert est recommandé pour cette valorisation.

SCPI européennes

Les SCPI investies en Europe (Allemagne, Pays-Bas, Espagne…) génèrent des revenus soumis à la fiscalité locale, avec des conventions fiscales bilatérales. Le partage des parts suit les mêmes règles que les SCPI françaises, mais la déclaration fiscale des revenus post-divorce peut être plus complexe. Consultez un conseiller fiscal spécialisé.

FAQ : Divorce et SCPI en 2026

Les parts de SCPI achetées avant le mariage sont-elles concernées par le partage ?

Non, sous le régime de communauté légale. Les parts acquises avant le mariage restent des biens propres (article 1405 du Code civil). Elles ne sont pas intégrées dans la masse à partager. En revanche, les revenus générés par ces parts pendant le mariage tombent en communauté et peuvent faire l'objet d'une récompense.

Combien de temps faut-il pour transférer des parts de SCPI après un divorce ?

Le transfert effectif des parts dans les registres de la société de gestion prend généralement 2 à 6 semaines après réception de l'acte de partage notarié. Certaines sociétés de gestion sont plus réactives. Prévoyez ce délai dans votre calendrier, notamment si vous souhaitez percevoir les prochains dividendes en votre nom propre.

Peut-on éviter les droits de partage de 1,1 % sur les parts de SCPI ?

Non, les droits de partage de 1,1 % sont dus dès lors qu'il y a partage d'un bien commun dans le cadre d'un divorce (article 746 du CGI). Ils s'appliquent sur l'actif net partagé. En revanche, si les parts propres d'un époux lui sont simplement confirmées (sans partage réel), aucun droit n'est dû sur cette fraction.

Faut-il obligatoirement un notaire pour partager des parts de SCPI lors d'un divorce ?

Dans un divorce par consentement mutuel, le notaire intervient pour déposer la convention de divorce et lui conférer force exécutoire. Si le partage des SCPI implique une soulte significative ou un démembrement de propriété, un acte notarié de partage est fortement recommandé, voire obligatoire. Les honoraires du notaire sont encadrés par le décret tarifaire du 26 février 2016.

Que se passe-t-il si mon ex-conjoint refuse de signer le transfert des parts de SCPI ?

Si la convention de divorce a force exécutoire (après dépôt chez le notaire), le refus de coopérer peut être sanctionné. Il est possible de saisir le juge aux affaires familiales pour faire exécuter la convention. En cas de blocage, un huissier de justice peut être mandaté pour signifier l'acte à la société de gestion. Consultez votre avocat sans délai.

Les dividendes de SCPI perçus pendant la procédure de divorce doivent-ils être partagés ?

Oui. Tant que le partage n'est pas effectif (avant la date de jouissance divise fixée dans la convention), les dividendes des parts communes restent des revenus communs. Ils doivent être déclarés conjointement ou répartis selon les modalités prévues dans la convention de divorce. La date de jouissance divise est un point clé à négocier avec vos avocats.

Questions fréquentes

Non, sous le régime de communauté légale. Les parts acquises avant le mariage restent des biens propres selon l'article 1405 du Code civil. Elles ne sont pas intégrées dans la masse à partager. En revanche, les revenus générés par ces parts pendant le mariage tombent en communauté et peuvent faire l'objet d'une récompense.
Le transfert effectif des parts dans les registres de la société de gestion prend généralement 2 à 6 semaines après réception de l'acte de partage notarié. Prévoyez ce délai dans votre calendrier, notamment si vous souhaitez percevoir les prochains dividendes en votre nom propre.
Non, les droits de partage de 1,1 % sont dus dès lors qu'il y a partage d'un bien commun dans le cadre d'un divorce (article 746 du CGI). Ils s'appliquent sur l'actif net partagé. En revanche, si les parts propres d'un époux lui sont simplement confirmées sans partage réel, aucun droit n'est dû sur cette fraction.
Dans un divorce par consentement mutuel, le notaire intervient pour déposer la convention de divorce et lui conférer force exécutoire (article 229-1 du Code civil). Si le partage implique une soulte significative ou un démembrement de propriété, un acte notarié de partage est fortement recommandé, voire obligatoire. Les émoluments du notaire sont encadrés par le décret tarifaire du 26 février 2016.
La référence principale est le prix de retrait officiel publié par la société de gestion, actualisé régulièrement. Pour les SCPI à capital fixe, on retient le dernier prix d'échange sur le marché secondaire. Cette valeur est publique et opposable sans expertise judiciaire, ce qui simplifie les négociations entre époux.
Oui. Tant que le partage n'est pas effectif (avant la date de jouissance divise fixée dans la convention), les dividendes des parts communes restent des revenus communs. Ils doivent être déclarés conjointement ou répartis selon les modalités prévues dans la convention de divorce.
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