Devis gratuit en 5 minutes Devis gratuit →
Divorce et impôts : déclaration de revenus l'année du divorce

Divorce et impôts : déclaration de revenus l'année du divorce

L'année du divorce est une année fiscale à part entière. Elle concentre des règles spécifiques que beaucoup d'ex-époux découvrent trop tard — souvent au moment de remplir leur déclaration. Résultat : erreurs, redressements, ou manque à gagner. Ce guide fiscal détaillé vous explique exactement ce qui change, chiffres à l'appui.

En bref :

  • L'année du divorce, chaque époux dépose une déclaration séparée dès que le divorce est prononcé (article 6-1 du Code général des impôts).
  • Le foyer fiscal commun s'applique jusqu'à la date de prononcé du divorce (ou de la convention de divorce déposée chez le notaire).
  • La pension alimentaire versée est déductible à 100 % du revenu imposable du débiteur (article 156 II du CGI), dans la limite des montants réels justifiés.
  • En 2026, le quotient familial pour un parent isolé avec un enfant à charge représente 1,5 part fiscale, soit une économie d'impôt pouvant dépasser 1 000 €/an.

Ce que signifie fiscalement « l'année du divorce »

L'année du divorce est l'exercice fiscal pendant lequel la séparation juridique est officialisée. En droit français, deux régimes coexistent selon la procédure choisie.

Pour un divorce par consentement mutuel (sans juge, depuis la loi de 2017), la date retenue est celle du dépôt de la convention de divorce chez le notaire. C'est ce dépôt qui produit les effets juridiques du divorce, conformément à l'article 229-1 du Code civil.

Pour un divorce contentieux (judiciaire), la date retenue est celle du jugement définitif, ou plus précisément la date à laquelle ce jugement est passé en force de chose jugée.

Conséquence directe : si votre convention est déposée le 15 septembre 2026, vous êtes marié fiscalement du 1er janvier au 15 septembre, puis célibataire du 16 septembre au 31 décembre. Deux situations fiscales différentes coexistent donc dans la même année civile. L'administration fiscale en tient compte via deux déclarations distinctes.

Question : Dois-je faire une seule ou deux déclarations d'impôts l'année du divorce ?

Réponse : Deux déclarations séparées, une par ex-époux. Dès que le divorce est prononcé, chaque époux devient un foyer fiscal indépendant. Vous déclarez chacun vos revenus perçus sur l'ensemble de l'année civile, mais avec vos nouvelles parts fiscales individuelles. L'administration fiscale ne proratise pas les revenus au jour près : c'est la situation au 31 décembre qui détermine le nombre de parts.

Imposition séparée : comment ça fonctionne concrètement

Dès l'année du divorce, chaque ex-époux est imposé séparément sur l'ensemble de ses revenus perçus pendant l'année civile. Il n'y a pas de proratisation des revenus selon la durée de vie commune dans l'année.

En pratique, si vous avez perçu 45 000 € de salaires sur toute l'année 2026 et que votre divorce a été prononcé en mars 2026, vous déclarez la totalité des 45 000 € sur votre propre déclaration. Votre ex-conjoint fait de même avec ses propres revenus.

Ce principe est posé par l'article 6-1 du Code général des impôts (CGI) : chaque époux est personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour les revenus dont il dispose à compter de la dissolution du mariage.

Le cas particulier du prélèvement à la source

Depuis 2019, le prélèvement à la source (PAS) est généralisé. L'année du divorce, il faut signaler le changement de situation familiale sur impots.gouv.fr dans les 60 jours. Cette déclaration de changement permet à l'administration d'ajuster le taux de prélèvement dès le mois suivant. Sans cette démarche, vous continuez à être prélevé sur la base de votre ancien foyer fiscal, ce qui peut générer un solde à payer ou un remboursement important lors de la régularisation annuelle.

La mise à jour du taux s'effectue dans l'espace personnel sur le site des impôts, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » → « Signaler un changement de situation ».

Vous envisagez de divorcer à l'amiable ?

Obtenez votre devis personnalisé en 2 minutes. Dès 249€ par époux, tout compris. Réponse sous 2h en jour ouvré.

Obtenir mon devis gratuit

Quotient familial et parts fiscales après le divorce

Le quotient familial est le mécanisme qui divise le revenu imposable par un nombre de parts, réduisant ainsi la progressivité de l'impôt. L'année du divorce, ce quotient est recalculé selon la nouvelle situation au 31 décembre.

Tableau comparatif des parts fiscales selon la situation

Situation au 31 décembre 2026 Nombre de parts Commentaire
Célibataire sans enfant à charge 1 part Situation de base
Célibataire avec 1 enfant en garde alternée 1,25 part Demi-part partagée entre les deux parents
Parent isolé avec 1 enfant à charge exclusive 1,5 part Majoration « parent isolé » (article 194 CGI)
Parent isolé avec 2 enfants à charge exclusive 2,5 parts 1 part supplémentaire par enfant à partir du 2e
Parent isolé avec 3 enfants à charge exclusive 3,5 parts Idem
Garde alternée, 2 enfants (1 par parent) 1,5 part chacun Chaque parent bénéficie d'une demi-part par enfant + majoration parent isolé

La majoration « parent isolé » (aussi appelée « case T » sur la déclaration) s'applique si vous vivez seul avec un ou plusieurs enfants à charge. Elle est prévue par l'article 194 du CGI. Elle représente une demi-part supplémentaire pour le premier enfant, ce qui peut réduire l'impôt de plusieurs centaines d'euros selon votre tranche marginale.

Question : Qui bénéficie des parts fiscales pour les enfants en garde alternée ?

Réponse : En garde alternée, les parts fiscales sont partagées par moitié entre les deux parents. Chaque parent déclare les enfants pour la moitié de leur valeur en parts. Aucun accord entre parents ne peut modifier cette règle : c'est la loi fiscale qui s'applique, sauf si l'un des parents renonce expressément à la déduction, ce qui est rare.

Pension alimentaire : déduction et déclaration

La pension alimentaire versée à un ex-conjoint ou pour l'entretien des enfants a un traitement fiscal précis. Mal déclarée, elle peut coûter cher aux deux parties.

Pour le parent qui verse la pension

La pension alimentaire versée à l'ex-conjoint (ou pour les enfants dont vous n'avez pas la garde) est déductible à 100 % de votre revenu imposable. Cette déduction est prévue par l'article 156 II 2° du CGI. Elle s'applique aux sommes réellement versées et justifiées (virements bancaires, justificatifs de paiement).

Attention : seules les pensions fixées par la convention de divorce ou par ordonnance judiciaire sont déductibles. Les versements volontaires non formalisés ne le sont pas.

Pour le parent qui reçoit la pension

La pension alimentaire reçue est imposable comme un revenu chez le bénéficiaire. Elle doit être déclarée dans la catégorie « Pensions, retraites, rentes » (case 1AO ou 1BO de la déclaration 2042). Un abattement de 10 % s'applique, plafonné à 4 321 € en 2026 (montant indicatif, à vérifier chaque année sur le barème officiel).

Le cas de la prestation compensatoire

La prestation compensatoire (somme versée pour compenser la disparité de niveau de vie créée par le divorce) obéit à des règles différentes selon son mode de versement :

  • Versée en capital en une fois : ouvre droit à une réduction d'impôt de 25 % pour le débiteur (article 199 octodecies du CGI), dans la limite de 30 500 €. Non imposable pour le bénéficiaire.
  • Versée sous forme de rente : déductible pour le débiteur, imposable pour le bénéficiaire (comme une pension alimentaire).
  • Versée en capital sur plus de 12 mois : traitée fiscalement comme une rente.

Question : La prestation compensatoire est-elle déductible des impôts ?

Réponse : Oui, mais selon des modalités précises. Si elle est versée en capital en une seule fois dans les 12 mois du divorce, le débiteur bénéficie d'une réduction d'impôt de 25 % (plafonnée à 30 500 €), soit une économie maximale de 7 625 €. Si elle est versée sous forme de rente mensuelle, elle est déductible du revenu imposable, et imposable chez le bénéficiaire.

Les erreurs fiscales les plus fréquentes l'année du divorce

Les erreurs fiscales lors d'une année de divorce sont nombreuses. Voici les plus coûteuses, identifiées par les praticiens du droit fiscal.

Erreur n°1 : Ne pas signaler le changement de situation à l'administration fiscale

Beaucoup d'ex-époux oublient de déclarer leur changement de situation sur impots.gouv.fr dans les 60 jours. Résultat : le taux de prélèvement à la source reste calculé sur la base du foyer commun, souvent plus favorable. Lors de la régularisation en septembre de l'année suivante, le solde à payer peut atteindre plusieurs milliers d'euros.

Erreur n°2 : Déduire une pension alimentaire non justifiée

La déduction de la pension alimentaire exige des justificatifs bancaires. Un versement en espèces non tracé sera rejeté par l'administration. Conservez systématiquement les relevés de virements ou les reçus signés.

Erreur n°3 : Oublier la case T (parent isolé)

La majoration pour parent isolé (case T de la déclaration 2042) est souvent oubliée. Elle s'applique si vous vivez seul avec un enfant à charge, même si cet enfant est en garde alternée (dans ce cas, la majoration est partagée). Cette erreur peut représenter une économie fiscale manquée de 500 à 1 500 € selon votre revenu.

Erreur n°4 : Mal qualifier la prestation compensatoire

Confondre pension alimentaire et prestation compensatoire génère des erreurs de déclaration. Les deux mécanismes ont des traitements fiscaux distincts. En cas de doute, consultez un avocat ou un expert-comptable spécialisé en droit de la famille.

Erreur n°5 : Déclarer les revenus du bien immobilier vendu au mauvais foyer

Si un bien immobilier commun est vendu l'année du divorce, la plus-value immobilière est traitée selon les règles du régime matrimonial. En communauté légale, chaque époux déclare 50 % de la plus-value. En séparation de biens, chacun déclare sa quote-part réelle.

Partage des biens et conséquences fiscales

Le divorce entraîne la liquidation du régime matrimonial. Cette liquidation a des implications fiscales directes, souvent sous-estimées.

Les droits de partage

Le partage des biens communs est soumis aux droits de partage, fixés à 1,1 % de l'actif net partagé depuis le 1er janvier 2022 (article 746 du Code général des impôts). Ce taux s'applique sur la valeur nette des biens partagés (valeur des actifs moins les dettes communes).

Exemple concret : pour un patrimoine commun net de 300 000 € (appartement de 350 000 € moins un crédit restant de 50 000 €), les droits de partage s'élèvent à 3 300 €. Ces droits sont dus lors de la signature de l'acte de partage chez le notaire.

La plus-value sur la résidence principale

Si vous vendez la résidence principale dans le cadre du divorce, l'exonération de plus-value sur résidence principale s'applique, à condition que le bien ait effectivement constitué votre résidence principale jusqu'à la vente. Cette exonération est totale, sans plafond (article 150 U II 1° du CGI).

Attention : si l'un des époux a quitté le domicile avant la vente, l'administration peut contester l'exonération pour cet époux. Des tolérances existent si la vente intervient dans un délai raisonnable après le départ (généralement moins d'un an).

Question : Dois-je payer des impôts sur le partage de l'appartement lors du divorce ?

Réponse : Non, pas d'impôt sur le revenu sur le partage lui-même. Mais des droits de partage de 1,1 % sur l'actif net partagé sont dus au notaire. Si le bien est vendu à un tiers, la plus-value est exonérée s'il s'agissait de votre résidence principale jusqu'à la cession.

Checklist fiscale pour l'année du divorce : les étapes à suivre

Voici les actions concrètes à réaliser pour éviter les erreurs et optimiser votre situation fiscale l'année du divorce.

  1. Dans les 60 jours suivant le divorce : Déclarez le changement de situation sur impots.gouv.fr pour ajuster votre taux de prélèvement à la source.
  2. Identifiez la date exacte du divorce : Date de dépôt chez le notaire (consentement mutuel) ou date du jugement définitif (contentieux). Conservez ce document.
  3. Déterminez votre nombre de parts fiscales : Enfants à charge exclusive, alternée, ou aucun enfant. Vérifiez l'éligibilité à la case T (parent isolé).
  4. Rassemblez les justificatifs de pension alimentaire : Relevés bancaires, convention de divorce, ordonnance judiciaire. Indispensable pour la déduction.
  5. Qualifiez correctement la prestation compensatoire : Capital en une fois (réduction d'impôt 25 %) ou rente (déduction du revenu imposable).
  6. Vérifiez le traitement du bien immobilier : Plus-value exonérée si résidence principale, droits de partage de 1,1 % à anticiper.
  7. Consultez un avocat ou un expert-comptable spécialisé pour valider votre déclaration avant envoi.

Une déclaration bien préparée peut faire une différence de plusieurs milliers d'euros. Obtenez une estimation gratuite de votre situation avec Divorce Simplifié pour anticiper l'ensemble des conséquences financières de votre divorce.

FAQ : Divorce et impôts, les questions fréquentes

Question : Peut-on encore faire une déclaration commune l'année du divorce ?

Réponse : Non. L'article 6-1 du CGI impose l'imposition séparée dès l'année du divorce. Même si vous étiez mariés pendant la majeure partie de l'année, vous devez chacun déposer une déclaration individuelle. Il n'existe aucune option pour maintenir la déclaration commune l'année de la séparation juridique.

Question : La pension alimentaire pour enfant est-elle toujours déductible ?

Réponse : Oui, mais uniquement si l'enfant n'est pas rattaché à votre foyer fiscal. Si vous avez la garde exclusive et que l'enfant est à votre charge, vous bénéficiez des parts fiscales mais ne pouvez pas déduire de pension. Si vous versez une pension pour un enfant résidant chez l'autre parent, la déduction s'applique sur les montants réellement versés et justifiés (article 156 II 2° du CGI).

Question : Comment déclarer les revenus locatifs d'un bien commun l'année du divorce ?

Réponse : Jusqu'à la date du divorce, les revenus locatifs du bien commun sont déclarés selon la quote-part de chaque époux (50/50 en communauté légale). Après le divorce, chaque ex-époux déclare uniquement les revenus liés à sa quote-part du bien, jusqu'au partage définitif. Le partage lui-même n'est pas un fait générateur d'imposition sur le revenu.

Question : Quel est le délai pour signaler mon divorce aux impôts ?

Réponse : Vous disposez de 60 jours à compter de la date du divorce pour signaler le changement de situation familiale sur impots.gouv.fr. Ce délai permet à l'administration d'ajuster votre taux de prélèvement à la source dès le mois suivant. Au-delà, le taux reste inchangé jusqu'à la régularisation annuelle, ce qui peut générer un solde important.

Question : L'avocat du divorce est-il déductible des impôts ?

Réponse : Non, les honoraires d'avocat pour un divorce ne sont pas déductibles du revenu imposable à titre personnel. Ils constituent des frais personnels non déductibles. En revanche, si le divorce implique des aspects professionnels (dissolution d'une société commune, par exemple), une partie des frais peut être déductible en charge professionnelle, sous conditions strictes.

Question : Que se passe-t-il si je me remarie la même année que mon divorce ?

Réponse : L'année du divorce puis du remariage, vous pouvez être concerné par trois foyers fiscaux différents : le foyer commun avec l'ex-époux (jusqu'au divorce), la période de célibat, puis le nouveau foyer avec le nouveau conjoint. En pratique, l'administration retient la situation au 31 décembre. Si vous êtes remarié au 31 décembre, vous déposez une déclaration commune avec votre nouveau conjoint pour l'ensemble de l'année, sauf option contraire possible la première année de mariage (article 6-5 du CGI).

Questions fréquentes

Non. L'article 6-1 du Code général des impôts impose l'imposition séparée dès l'année du divorce. Chaque ex-époux dépose sa propre déclaration, même si le divorce a été prononcé en fin d'année. Il n'existe aucune option pour maintenir une déclaration commune.
Oui, à 100 % du revenu imposable du débiteur, selon l'article 156 II 2° du CGI. Les sommes doivent être réellement versées, justifiées par des relevés bancaires, et fixées par la convention de divorce ou une ordonnance judiciaire. La pension reçue est imposable chez le bénéficiaire avec un abattement de 10 %.
60 jours à compter de la date du divorce pour déclarer le changement de situation sur impots.gouv.fr. Cette démarche ajuste le taux de prélèvement à la source dès le mois suivant. Sans signalement, le taux reste calculé sur l'ancien foyer et peut générer un solde important lors de la régularisation annuelle.
En garde exclusive, le parent bénéficie de 1,5 part pour le premier enfant (majoration parent isolé, article 194 CGI), puis 1 part supplémentaire par enfant suivant. En garde alternée, les parts sont partagées par moitié entre les deux parents. La case T (parent isolé) doit être cochée pour bénéficier de la majoration.
Le partage des biens communs est soumis aux droits de partage fixés à 1,1 % de l'actif net partagé (article 746 du CGI). Pour un patrimoine net de 300 000 €, cela représente 3 300 € dus au notaire. La vente de la résidence principale reste exonérée de plus-value si le bien constituait la résidence principale jusqu'à la cession.
Oui, si elle est versée en capital en une seule fois dans les 12 mois suivant le divorce. Le débiteur bénéficie d'une réduction d'impôt de 25 %, plafonnée à 30 500 € (soit une économie maximale de 7 625 €), selon l'article 199 octodecies du CGI. Elle n'est pas imposable pour le bénéficiaire dans ce cas.
Estimation gratuite :