Devis gratuit en 5 minutes Devis gratuit →
Divorce amiable et pension de réversion : ce que vous perdez (ou gardez) en 2026

Divorce amiable et pension de réversion : ce que vous perdez (ou gardez) en 2026

Vous divorcez à l'amiable et vous vous demandez si vous conserverez des droits à la pension de réversion de votre ex-conjoint en cas de décès ? La réponse est claire : le divorce supprime ces droits dans la quasi-totalité des régimes. Mais les règles varient selon votre régime de retraite, votre situation familiale et la date de votre mariage. Voici ce que vous devez savoir avant de signer votre convention de divorce.

En bref :

  • La pension de réversion représente 54 % de la retraite du défunt dans le régime général (Sécurité sociale), sous conditions de ressources en 2026.
  • Le divorce supprime totalement le droit à la réversion dans le régime général : seul le conjoint marié au moment du décès est bénéficiaire.
  • Selon l'article L. 353-1 du Code de la sécurité sociale, seul le conjoint non divorcé au jour du décès peut prétendre à la réversion du régime de base.
  • Exception notable : les fonctionnaires et certains régimes spéciaux permettent le partage de la réversion entre ex-conjoint(s) et conjoint survivant, proportionnellement à la durée de mariage.

Qu'est-ce que la pension de réversion ? Définition claire

La pension de réversion est une prestation versée au conjoint survivant d'un assuré décédé. Elle correspond à une fraction de la retraite que percevait — ou aurait perçu — le défunt. Son objectif : compenser partiellement la perte de revenus liée au décès du partenaire.

En France, il n'existe pas une pension de réversion unique. Chaque régime de retraite applique ses propres règles. Les principaux régimes sont :

  • Le régime général (salariés du privé, géré par la CNAV) : 54 % de la retraite du défunt, sous conditions de ressources.
  • L'Agirc-Arrco (retraite complémentaire des salariés du privé) : 60 % de la retraite complémentaire, sans condition de ressources.
  • La CNRACL et le régime des fonctionnaires (géré par le SRE) : 50 % de la pension du défunt, avec règles spécifiques pour les ex-conjoints divorcés.
  • Les régimes indépendants (SSI, ancienne RSI) : règles proches du régime général.
  • Les régimes spéciaux (SNCF, EDF, etc.) : règles propres, souvent plus favorables.

Le montant moyen de la pension de réversion versée en France en 2026 est d'environ 680 € par mois dans le régime général, selon les données de la CNAV. Ce chiffre peut représenter une part significative des revenus d'un conjoint survivant âgé. D'où l'importance cruciale de comprendre ce que le divorce implique avant de signer.

Pour savoir précisément ce que votre situation coûterait, utilisez notre simulateur de coût divorce : estimation gratuite et personnalisée en 2 minutes.

Divorce amiable : quel impact immédiat sur vos droits à réversion ?

Le divorce par consentement mutuel, régi par les articles 229-1 et suivants du Code civil, met fin au mariage dès son enregistrement par le notaire. Cette rupture juridique a des conséquences directes et définitives sur vos droits à la pension de réversion dans la plupart des régimes.

Dans le régime général (CNAV), la règle est absolue : seul le conjoint marié au moment du décès peut bénéficier de la réversion. L'article L. 353-1 du Code de la sécurité sociale ne laisse aucune place à l'ex-conjoint divorcé, quelle que soit la durée du mariage. Que vous ayez été marié 2 ans ou 30 ans, le divorce efface vos droits à réversion dans ce régime.

Dans le régime Agirc-Arrco, la situation est identique. La réversion est réservée au conjoint survivant non divorcé. L'ex-conjoint divorcé n'a aucun droit, même si le défunt ne s'est jamais remarié.

Ces deux régimes couvrent la majorité des salariés du secteur privé. Pour eux, le divorce amiable signifie la perte totale et définitive de tout droit à réversion. Cette réalité doit être intégrée dans la négociation de la convention de divorce, notamment pour évaluer la prestation compensatoire.

Question : Un ex-conjoint divorcé peut-il toucher la pension de réversion du régime général ?

Réponse : Non, pas dans le régime général. Selon l'article L. 353-1 du Code de la sécurité sociale, seul le conjoint marié au moment du décès est éligible. Le divorce, même amiable, supprime définitivement ce droit, quelle que soit la durée du mariage antérieur.

Vous envisagez de divorcer à l'amiable ?

Obtenez votre devis personnalisé en 2 minutes. Dès 249€ par époux, tout compris. Réponse sous 2h en jour ouvré.

Obtenir mon devis gratuit

L'exception fonctionnaire : partage possible entre ex-conjoint et conjoint survivant

Le régime des fonctionnaires (civil et militaire) constitue la grande exception au principe de suppression des droits après divorce. C'est ici que la situation devient nettement plus favorable pour les ex-conjoints divorcés.

Selon l'article L. 50 du Code des pensions civiles et militaires de retraite, la réversion peut être partagée entre le conjoint survivant et le ou les ex-conjoints divorcés. Le partage s'effectue proportionnellement à la durée respective de chaque mariage, rapportée à la durée totale des mariages du défunt.

Exemple concret : Un fonctionnaire décédé a été marié 15 ans avec son premier conjoint (divorcé), puis 10 ans avec son second conjoint (survivant). La durée totale des mariages est de 25 ans. La réversion de 50 % de sa pension est répartie ainsi :

  • Ex-conjoint divorcé : 15/25 = 60 % de la réversion totale
  • Conjoint survivant : 10/25 = 40 % de la réversion totale

Si le fonctionnaire décédé ne s'était pas remarié, l'ex-conjoint divorcé perçoit la totalité de la réversion, sous réserve de ne pas s'être lui-même remarié avant le décès.

Attention : si l'ex-conjoint divorcé s'est remarié avant le décès du fonctionnaire, il perd définitivement tout droit à réversion dans ce régime. Le remariage est donc un point critique à surveiller.

Question : Un ex-conjoint divorcé d'un fonctionnaire peut-il toucher la pension de réversion ?

Réponse : Oui, c'est possible. L'article L. 50 du Code des pensions civiles et militaires de retraite prévoit un partage proportionnel à la durée de chaque mariage. L'ex-conjoint divorcé conserve ses droits, sauf s'il s'est remarié avant le décès du fonctionnaire.

Tableau comparatif : droits à réversion selon le régime de retraite après divorce

Régime de retraite Taux de réversion Ex-conjoint divorcé éligible ? Condition principale Remarriage de l'ex-conjoint
Régime général (CNAV) 54 % ❌ Non Être marié au décès Sans objet
Agirc-Arrco (complémentaire privé) 60 % ❌ Non Être marié au décès Sans objet
Fonctionnaires d'État (SRE) 50 % ✅ Oui (partage prorata) Ne pas s'être remarié avant le décès Perte des droits
CNRACL (fonctionnaires territoriaux/hospitaliers) 50 % ✅ Oui (partage prorata) Ne pas s'être remarié avant le décès Perte des droits
MSA (agriculteurs salariés) 54 % ❌ Non Être marié au décès Sans objet
SSI (indépendants) 54 % ❌ Non Être marié au décès Sans objet
IRCANTEC (contractuels publics) 60 % ✅ Oui (partage prorata) Ne pas s'être remarié avant le décès Perte des droits
SNCF, RATP (régimes spéciaux) Variable (50-60 %) ✅ Selon règlement interne Variable selon le régime Variable

Prestation compensatoire : l'outil pour compenser la perte de réversion

Dans un divorce amiable, la perte définitive des droits à réversion doit être anticipée lors de la négociation de la convention. L'outil juridique adapté est la prestation compensatoire, prévue aux articles 270 à 281 du Code civil.

La prestation compensatoire vise à compenser la disparité que le divorce crée dans les conditions de vie respectives des époux. La perte des droits à réversion constitue une disparité économique réelle, surtout pour le conjoint le plus âgé ou celui qui a le moins cotisé.

Comment intégrer la réversion dans le calcul de la prestation compensatoire ?

  • Évaluer la réversion potentielle perdue : montant estimé de la retraite du conjoint × 54 % (régime général) ou 60 % (Agirc-Arrco).
  • Actualiser cette perte : tenir compte de l'espérance de vie, de l'écart d'âge entre les époux, et de la probabilité que le bénéficiaire survive au défunt.
  • Négocier un capital ou une rente : la prestation compensatoire peut être versée en une fois (capital) ou mensuellement (rente). Le capital est fiscalement plus avantageux pour le débiteur.

Un avocat spécialisé peut réaliser ce calcul actuariel. Ne signez pas votre convention sans avoir évalué ce poste : pour un conjoint de 55 ans dont l'ex-partenaire perçoit 2 000 €/mois de retraite, la perte de réversion représente potentiellement plus de 150 000 € sur 20 ans.

Question : Comment compenser la perte de pension de réversion dans un divorce amiable ?

Réponse : Via la prestation compensatoire, prévue aux articles 270 à 281 du Code civil. Elle peut prendre la forme d'un capital versé au moment du divorce ou d'une rente mensuelle. Le calcul doit intégrer le montant estimé de la réversion perdue, actualisé selon l'espérance de vie.

Les 5 démarches concrètes à lancer avant de signer votre convention

Avant de finaliser votre divorce amiable, voici les actions prioritaires pour protéger vos droits à la retraite et anticiper la perte de réversion.

  1. Identifiez les régimes de retraite de votre conjoint. Demandez-lui ses relevés de carrière sur info-retraite.fr. Listez tous les régimes auxquels il a cotisé (régime général, Agirc-Arrco, fonctionnaire, etc.).
  2. Estimez la réversion potentielle perdue. Appliquez les taux par régime (54 %, 60 %, 50 %) à la retraite estimée de votre conjoint. C'est le montant mensuel que vous ne toucherez plus après le divorce.
  3. Vérifiez si votre conjoint relève d'un régime spécial. Si oui (fonctionnaire, SNCF, RATP, IRCANTEC), vos droits à réversion peuvent être maintenus partiellement. Renseignez-vous auprès de la caisse concernée.
  4. Négociez la prestation compensatoire en intégrant ce manque à gagner. Faites appel à un avocat pour calculer la valeur actualisée de la réversion perdue. Ce montant doit figurer dans la convention.
  5. Vérifiez vos propres droits à la retraite. Si vous avez réduit votre activité professionnelle pendant le mariage, vos cotisations propres sont peut-être insuffisantes. La RAVA (Retraite Anticipée pour Vie Active) ou le rachat de trimestres peuvent être des solutions complémentaires.

Ces démarches prennent du temps. Lancez-les dès le début de la procédure, pas à la dernière minute. Un divorce amiable se finalise en 3 à 6 mois en moyenne : vous avez le temps d'obtenir les informations nécessaires.

Remariage et PACS après divorce : impact sur la réversion

Si vous vous remariez ou concluez un PACS après votre divorce, votre situation vis-à-vis de la réversion évolue. Voici les règles essentielles à connaître pour 2026.

Vous vous remariez après votre divorce : Vous acquérez des droits à la réversion sur la retraite de votre nouveau conjoint. Dans le régime général, ces droits remplacent ceux perdus lors du premier divorce. La durée du second mariage n'a pas d'importance minimale pour ouvrir les droits.

Votre ex-conjoint se remarie après votre divorce : Dans les régimes fonctionnaires, son remariage ne vous prive pas de vos droits à réversion proportionnelle. En revanche, dans le régime général, vous n'avez de toute façon aucun droit après le divorce, qu'il se remarie ou non.

Le PACS ne crée aucun droit à réversion. C'est un point souvent ignoré. Un partenaire de PACS survivant n'a droit à aucune pension de réversion dans aucun régime de retraite français. Si vous vous pacsez après votre divorce, vous n'acquérez aucun droit à réversion sur la retraite de votre partenaire.

Cette règle est fondamentale pour les personnes qui hésitent entre remariage et PACS après un divorce. Sur le plan de la protection sociale à long terme, le mariage offre une protection nettement supérieure au PACS.

Question : Le PACS donne-t-il droit à la pension de réversion en France en 2026 ?

Réponse : Non, le PACS n'ouvre aucun droit à la pension de réversion dans aucun régime de retraite français. Seul le mariage crée ce droit. Un partenaire de PACS survivant ne perçoit rien au décès de son partenaire, contrairement à un conjoint marié.

Divorce amiable et réversion : ce que doit contenir votre convention

La convention de divorce par consentement mutuel, rédigée par vos avocats et enregistrée par le notaire, doit aborder explicitement les conséquences de la perte de réversion si celle-ci représente un enjeu financier significatif.

Voici les clauses à vérifier ou à inclure :

  • Clause de prestation compensatoire : mentionner explicitement que la perte des droits à réversion a été prise en compte dans le calcul du montant.
  • Inventaire des régimes de retraite : lister les régimes auxquels chaque époux a cotisé, pour identifier les droits existants et ceux qui seront perdus.
  • Clause relative aux droits dérivés : si l'un des époux relève d'un régime fonctionnaire, préciser les droits maintenus et leur mode de calcul.
  • Renonciation éclairée : confirmer que chaque époux a été informé des conséquences de la perte de réversion et a accepté la convention en connaissance de cause.

Vos deux avocats sont responsables de vous informer sur ces points. Si l'un d'eux ne soulève pas la question de la réversion lors de la rédaction de la convention, demandez-le explicitement. C'est votre droit et votre protection pour l'avenir.

Vous souhaitez démarrer votre divorce amiable avec un accompagnement complet ? Obtenez une estimation gratuite sur divorce-simplifie.fr et découvrez le chemin le plus rapide pour finaliser votre séparation en toute sécurité juridique.

FAQ — Divorce amiable et pension de réversion

Question : Combien de temps après le divorce peut-on encore prétendre à la réversion ?

Réponse : Dans le régime général, il n'existe aucun délai de grâce. Dès que le divorce est enregistré par le notaire (article 229-1 du Code civil), les droits à réversion sont supprimés. Seuls les régimes fonctionnaires maintiennent des droits proportionnels à la durée de mariage, sans limite dans le temps.

Question : La durée du mariage influence-t-elle les droits à réversion après divorce ?

Réponse : Dans le régime général et l'Agirc-Arrco, non : le divorce supprime tous les droits, quelle que soit la durée du mariage. Dans les régimes fonctionnaires, oui : la durée du mariage détermine la proportion de réversion attribuée à l'ex-conjoint divorcé.

Question : Peut-on inclure une clause de maintien de réversion dans la convention de divorce amiable ?

Réponse : Non. Les droits à réversion sont définis par la loi et les règlements de chaque caisse de retraite. Les époux ne peuvent pas conventionnellement modifier ces règles. En revanche, ils peuvent compenser la perte de réversion via une prestation compensatoire négociée librement dans la convention.

Question : Un ex-conjoint divorcé peut-il cumuler réversion et sa propre retraite ?

Réponse : Dans le régime général, la réversion est soumise à une condition de ressources : en 2026, le plafond est fixé à 23 441,60 € annuels pour une personne seule. Les ressources propres de l'ex-conjoint (y compris sa retraite) sont prises en compte. Dans les régimes fonctionnaires, il n'y a pas de condition de ressources pour la réversion.

Question : Que se passe-t-il si mon ex-conjoint décède avant d'avoir pris sa retraite ?

Réponse : La réversion est calculée sur la base de la pension que le défunt aurait perçue, reconstituée à partir de ses droits acquis au moment du décès. Si vous êtes divorcé, les mêmes règles s'appliquent : aucun droit dans le régime général, droits proportionnels dans les régimes fonctionnaires.

Question : Quel est le délai pour demander la pension de réversion après le décès de son ex-conjoint fonctionnaire ?

Réponse : La demande doit être déposée auprès du Service des Retraites de l'État (SRE) ou de la CNRACL selon le cas. Il n'existe pas de délai de prescription strict, mais il est conseillé de déposer la demande dans les 12 mois suivant le décès pour éviter une perte de rétroactivité des versements.

Questions fréquentes

Non. Selon l'article L. 353-1 du Code de la sécurité sociale, seul le conjoint marié au moment du décès est éligible à la réversion du régime général. Le divorce, même amiable, supprime définitivement ce droit, quelle que soit la durée du mariage antérieur.
Oui. L'article L. 50 du Code des pensions civiles et militaires de retraite prévoit un partage de la réversion proportionnel à la durée de chaque mariage. L'ex-conjoint divorcé conserve ses droits, sauf s'il s'est remarié avant le décès du fonctionnaire.
Via la prestation compensatoire, prévue aux articles 270 à 281 du Code civil. Elle peut prendre la forme d'un capital ou d'une rente. Le calcul doit intégrer le montant estimé de la réversion perdue, actualisé selon l'espérance de vie des deux parties.
Non, le PACS n'ouvre aucun droit à la pension de réversion dans aucun régime de retraite français. Seul le mariage crée ce droit. Cette distinction est fondamentale pour les personnes qui envisagent de se pacser après un divorce.
Dans le régime général et l'Agirc-Arrco, non : le divorce supprime tous les droits quelle que soit la durée du mariage. Dans les régimes fonctionnaires (SRE, CNRACL, IRCANTEC), oui : la durée du mariage détermine la proportion de réversion attribuée à l'ex-conjoint divorcé.
Non. Les droits à réversion sont définis par la loi et les règlements de chaque caisse de retraite. Les époux ne peuvent pas modifier ces règles par convention. En revanche, ils peuvent compenser la perte de réversion via une prestation compensatoire librement négociée.
Estimation gratuite :